Alors que la loi intégrale contre les violences sexuelles doit être examinée en commission spéciale à l'Assemblée le 7 septembre, plusieurs porte‑voix du féminisme intersectionnel la qualifient de trop répressive, trop institutionnelle et insuffisamment attentive aux personnes racisées, trans ou LGBTQI.
Un texte législatif au cœur des mobilisations
Le projet de loi, issu des 82 recommandations de la commission d’enquête Ciivise, vise à renforcer la lutte contre les abus sexuels, notamment envers les mineurs. Son adoption est attendue ce lundi, mais les manifestations qui ont repris dans plusieurs villes françaises pour «mettre la pression sur le gouvernement» montrent que le texte ne fait pas l’unanimité. Les revendications des manifestants incluent une application stricte des mesures de protection, mais aussi une prise en compte des formes multiples de vulnérabilité.
Cécile Cée, une militante qui s’abstient d’appeler à la rue
Féministe et antiraciste de gauche, Cécile Cée, qui compte 73 000 abonnés, a choisi de ne pas les inciter à rejoindre les rassemblements. Après avoir participé aux mobilisations suite à la découverte du corps de Lyhanna, elle a exprimé son désenchantement : la loi intégrale, selon elle, «crie perpét pour les pédos» tout en restant trop sécuritaire et ancrée dans un féminisme institutionnel, bourgeois et blanc. Elle estime que le texte ignore les vulnérabilités cumulatives des personnes racisées, trans ou LGBTQI, ce qui le rend potentiellement contre‑productif.
Le collectif Nous Toutes rejoint la critique
Inès, porte‑parole du collectif Nous Toutes, partage le même constat. Elle souligne que la version française du texte renforce l’emprise de l’État sur les questions de genre, sans intégrer les spécificités intersectionnelles. Pour le collectif, la loi, dans sa forme actuelle, ne répond pas aux exigences d’une justice réellement inclusive et risque de marginaliser davantage les groupes déjà fragilisés.
Enjeux et perspectives pour la législation
Le débat autour de la loi intégrale met en lumière la tension entre sécurité renforcée et respect des droits des minorités. Si le texte est adopté, il pourrait introduire des mesures plus strictes de prévention et de sanction, mais les critiques demandent des amendements pour garantir que les politiques publiques tiennent compte des intersections de race, de genre et d’orientation sexuelle. Le suivi parlementaire et les pressions des mouvements féministes resteront déterminants pour façonner une réponse législative qui soit à la fois efficace contre les violences sexuelles et réellement inclusive.