Le ministre de la Justice sénégalais, Me Moussa Sarr, a exprimé son soutien à la création d’une infraction distincte pour le féminicide lors d’une réunion avec les principales organisations féministes le 7 septembre 2026. Cette prise de position intervient dans un contexte où neuf femmes ont été victimes de féminicide depuis le début de l’année, relançant le débat sur la protection juridique des femmes.
Un ministre favorable à la création d’une infraction de féminicide
Lors de la rencontre, les représentantes des mouvements féministes ont demandé que le féminicide soit reconnu comme une infraction autonome, distincte des autres formes de meurtre. Me Moussa Sarr a indiqué que cette proposition était à l’étude et qu’elle pourrait être intégrée dans le droit pénal sénégalais. Le ministre a souligné que la prochaine circulaire de politique pénale générale prendrait en compte les violences faites aux femmes et aux filles, ouvrant ainsi la voie à une éventuelle codification du féminicide.
Le contexte alarmant : neuf féminicides en 2026 et mobilisation citoyenne
Depuis le 1er janvier 2026, le Sénégal a recensé neuf cas de féminicide, un chiffre qui a alimenté les protestations de juillet à Dakar. Les manifestantes ont dénoncé l’inertie des autorités et exigé des mesures plus fortes. Cette mobilisation a mis en lumière la nécessité d’une réponse juridique adaptée, d’où la demande d’une infraction spécifique. Le débat s’inscrit dans une dynamique plus large de lutte contre les violences basées sur le genre.
Au-delà du féminicide : un agenda élargi pour les droits des femmes
Les échanges entre le ministre et les organisations ont également porté sur la prévention, la protection des victimes et la formation des forces de sécurité. Les féministes ont réclamé davantage de moyens pour les Maisons de Justice et une meilleure prise en charge des survivantes. D’autres points ont été abordés, dont la refonte du Code de la famille, la légalisation d’un avortement médicalisé en cas de viol ou d’inceste, la situation des femmes détenues, les violences faites aux enfants et le harcèlement sur les plateformes numériques. Me Sarr a appelé à poursuivre la réflexion sur ces sujets en recherchant des « compromis dynamiques ».
Vers une concertation institutionnelle permanente
Pour structurer le dialogue, le ministre a annoncé la mise en place prochaine d’un cadre de concertation annuel réunissant les organisations de défense des droits humains. Les organisations ont proposé la création d’assises nationales sur les droits des femmes et des filles ainsi qu’un comité ad hoc chargé d’élaborer une stratégie nationale en matière de droits humains. Ces initiatives visent à assurer un suivi régulier des engagements et à transformer les revendications en actions concrètes.