Femi Fani-Kayode, haut-commissaire du Nigeria en Afrique du Sud, a officiellement rejeté la distinction de « Senior Counsel of Nigeria » (SCN), également appelée « Blue Silk », qui lui a été décernée par la Nigerian Law Society (NLS). Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions persistantes au sein de la profession juridique nigériane concernant la légitimité de cette organisation et de ses titres honorifiques.
Une distinction acceptée par erreur administrative
L'ancien ministre de l'Aviation a précisé, par le biais d'un communiqué, qu'il n'avait jamais autorisé l'acceptation de ce titre lors de la conférence annuelle de la NLS tenue à Abuja. Bien qu'il ait envoyé un représentant pour assister à l'événement, M. Fani-Kayode a qualifié l'acceptation de cette distinction par son émissaire d'« erreur administrative malheureuse ». Il a souligné que cet acte ne reflétait en rien ses convictions personnelles ni son adhésion à la démarche de la société.
Le statut juridique de la « Blue Silk » en question
Fort de 41 années d'expérience dans le domaine juridique, M. Fani-Kayode a exprimé de sérieux doutes quant à la validité légale de la NLS et de ses prérogatives. Il a insisté sur le fait que l'attribution de rangs professionnels en dehors du cadre statutaire établi par les autorités compétentes pourrait nuire à l'intégrité de la profession. Cette remise en cause s'inscrit dans une controverse plus large : la Nigerian Bar Association (NBA) et le Legal Practitioners’ Privileges Committee (LPPC) ont, à plusieurs reprises, dénoncé la promotion du titre « Blue Silk » comme étant trompeuse et non conforme aux structures institutionnelles en vigueur.
Une bataille judiciaire et réglementaire
La controverse autour du titre « Blue Silk » ne se limite pas à des déclarations publiques. En mai dernier, la Haute Cour fédérale d'Abuja a rejeté une action en justice visant à instaurer ce rang comme une alternative officielle au titre de Senior Advocate of Nigeria (SAN). Le LPPC a également mis en garde les praticiens contre l'usage de cette appellation, rappelant que le cadre réglementaire nigérian ne reconnaît aucune hiérarchie professionnelle en dehors de celles validées par les instances officielles. Outre M. Fani-Kayode, quatre autres personnalités, dont Seyi Tinubu, figuraient parmi les récipiendaires de cette distinction lors de la conférence de 2026.