Face à la multiplication des agressions mortelles visant des ressortissants nigérians en Afrique du Sud, l'avocat spécialisé dans les droits humains, Femi Falana, presse le gouvernement fédéral nigérian de durcir sa position. Il préconise le passage de simples condamnations diplomatiques à une action contentieuse devant la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples pour exiger justice et protection.
Une série de drames récents
L'appel de Femi Falana intervient après l'assassinat, le 4 septembre 2026, de l'évêque Michael Taiwo Fakunle à son domicile de Johannesburg, après qu'il eut reçu des menaces. À peine 24 heures plus tard, un autre ressortissant nigérian, James Uchechukwu Nwankwo, est décédé dans des circonstances troubles suite à un interrogatoire mené par les forces de police sud-africaines. Ces deux événements portent à huit le nombre de Nigérians tués sur le sol sud-africain depuis le début de l'année 2026, dont la moitié aurait été perpétrée par des agents des forces de sécurité locales.
Un bilan alarmant sur quatre ans
Au-delà de ces cas récents, les données avancées par l'avocat soulignent une tendance préoccupante. Entre 2022 et 2026, plus de 100 Nigérians auraient perdu la vie en Afrique du Sud. Parmi ces victimes, une trentaine auraient été tuées par des membres de la police ou des forces de défense sud-africaines. Malgré ces chiffres, aucune poursuite judiciaire n'a abouti à l'arrestation ou à la condamnation des responsables, créant un sentiment d'impunité que dénonce fermement le juriste.
La voie du recours régional
Pour Femi Falana, le gouvernement nigérian a l'obligation constitutionnelle et internationale de protéger ses citoyens. Il suggère d'exploiter les mécanismes de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, dont les deux pays sont signataires. En saisissant la Cour africaine, Abuja pourrait engager une procédure interétatique pour manquement à l'obligation de protéger les ressortissants étrangers et défaut d'enquête effective. Cette stratégie juridique permettrait, selon lui, de sortir de l'impasse des déclarations diplomatiques, d'autant plus que des menaces d'expulsion visant les ressortissants africains ont été proférées pour la fin septembre 2026, accentuant l'urgence d'une intervention formelle.