Le président Félix Tshisekedi a lancé un Dialogue national en RDC, mais son refus de partager les postes institutionnels irrite les acteurs politiques. Pendant ce temps, sa visite à Mbuji-Mayi met en lumière les défis économiques du Grand Kasaï, où un plan intégré de développement est présenté pour relancer l’activité locale.
Un Dialogue national sans redistribution des postes
L’annonce du Dialogue national par Félix Tshisekedi marque une rupture avec les précédents processus politiques en RDC. Contrairement aux forums passés qui permettaient une redistribution des responsabilités au sein des institutions publiques, le chef de l’État exclut désormais tout partage de postes. Cette orientation contrarie les acteurs politiques, notamment ceux qui espéraient accéder à des fonctions via ce processus. Le quotidien Le Phare souligne que cette décision s’éloigne des systèmes antérieurs, comme les « composantes » ou les « entités », qui avaient permis à divers groupes d’intégrer les institutions sans passer par les urnes.
Plusieurs voix s’élèvent pour critiquer cette approche. L’ancien Premier ministre Adolphe Muzito attribue au Dialogue trois dimensions : politique, économique et sécuritaire, mais des réserves persistent. La coalition d’opposition Article 64 estime que le processus est déjà orienté et ne serait qu’une consultation aux conclusions prédéterminées. Jean-Marc Kabund, figure politique, rejette quant à lui le diagnostic présidentiel sur les fragilités de l’État et conteste la démarche proposée.
Les lignes rouges fixées par le président
Félix Tshisekedi a également fixé des lignes rouges pour le Dialogue national. Parmi elles, le refus d’envisager une amnistie pour les crimes de guerre et les actes de génocide. Cette position, relayée par La Tempête des Tropiques, vise à encadrer strictement les discussions et à éviter toute impunité pour les violations graves des droits humains. Par ailleurs, la Jeunesse pour la Paix et la Réconciliation (JPR) a appelé les membres de la coalition Article 64 à rejoindre le processus, tandis que Washington a exprimé son soutien à un dialogue inclusif.
Mbuji-Mayi : entre espoirs économiques et réalités sociales
La visite présidentielle à Mbuji-Mayi, dans le Grand Kasaï, a mis en lumière les attentes économiques locales. Un plan intégré de développement et d’industrialisation a été présenté à Félix Tshisekedi, axé sur l’électricité, les routes, l’agriculture et l’industrie. L’objectif affiché est de créer des emplois et d’améliorer les conditions de vie. Mgr Emmanuel Kasanda, lors d’une cérémonie religieuse, a insisté sur la nécessité de projets « clairement définis, financés, programmés et suivis dans le temps ».
Cependant, les défis restent nombreux. 7sur7.cd souligne la hausse du coût des matériaux de construction à Mbuji-Mayi, où le sac de ciment dépasse désormais les 20 dollars américains. Cette situation illustre les difficultés économiques persistantes dans la région, malgré les promesses de relance. Les infrastructures, comme l’aéroport et les routes, ont été visitées par le président, mais leur état actuel reflète les besoins urgents en investissements.