Félix Tshisekedi lance un dialogue national inclusif en RDC pour refonder l’État en trois mois

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 30 lectures
Félix Tshisekedi lance un dialogue national inclusif en RDC pour refonder l’État en trois mois

Le président Félix Tshisekedi a officiellement lancé jeudi 27 août 2026 un « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État », un processus inédit par son format et sa temporalité. Contrairement aux concertations politiques habituelles, les discussions débuteront dans les 26 provinces avant de converger vers des assises nationales à Kinshasa, le tout en l’espace de trois mois maximum. L’objectif affiché : recueillir une parole diversifiée et construire un front intérieur face aux défis sécuritaires et institutionnels du pays.

Un processus décentralisé et participatif

Le chef de l’État a détaillé un mécanisme de consultation à deux niveaux. D’abord, des forums provinciaux réuniront élus locaux, société civile, autorités coutumières, confessions religieuses, acteurs économiques et représentants de la diaspora. Chaque province devra établir un diagnostic sur des enjeux clés : insécurité, conflits fonciers, tensions communautaires, inégalités et réformes nécessaires. Ces contributions seront synthétisées en une base nationale pour les assises de Kinshasa, où les délégués devront refléter la diversité politique, sociale et territoriale du pays.

Des exclusions ciblées et des limites claires

Félix Tshisekedi a posé une condition non négociable : les acteurs combattant par les armes seront exclus du dialogue. Cette exclusion vise explicitement le M23, dont les membres ne pourront participer « en qualité de composantes politiques ». Le président a maintenu les discussions de Doha comme cadre dédié aux questions liées au conflit, notamment la cessation des hostilités et le désarmement. Une porte reste ouverte aux individus issus de groupes armés qui abandonneraient la violence, sous réserve d’un processus de désarmement et de réintégration. Aucune amnistie n’est prévue pour les crimes imprescriptibles.

Pas de remise en cause des institutions

Le dialogue ne suspendra pas les institutions en place ni ne remettra en cause les mandats issus des urnes. Cette précision répond aux craintes d’une partie de l’opposition, qui craignait une instrumentalisation du processus pour modifier la Constitution. Félix Tshisekedi a critiqué les précédents dialogues nationaux, jugés trop concentrés entre responsables politiques et peu efficaces dans leur application. Il promet en revanche des mesures de « décrispation politique » pour favoriser la participation, sans en détailler le contenu.

Un Pacte national et un suivi strict

À l’issue des trois mois, les assises doivent aboutir à un « Pacte national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ». Chaque engagement devra être assorti d’un responsable institutionnel, d’un calendrier et de résultats attendus. Un mécanisme national de suivi et des rapports périodiques sont annoncés pour garantir la transparence. Le processus reste distinct des négociations diplomatiques en cours, comme celles de Washington sur la crise rwando-congolaise ou de Doha avec le M23.

Plusieurs zones d’ombre subsistent : la date exacte du lancement des consultations, la composition des instances organisatrices et les modalités de désignation des délégués. Ces éléments, ainsi que le contenu des mesures de décrispation, pourraient influencer la crédibilité du dialogue auprès des acteurs politiques et de la société civile.

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