L’ancien ministre Mansour Faye a publiquement exhorté le président Bassirou Diomaye Faye à dissoudre l’Assemblée nationale plutôt que de recourir à un référendum constitutionnel, dans un contexte de tensions institutionnelles avec le Premier ministre Ousmane Sonko.
Les faits essentiels
Mansour Faye, figure historique du parti au pouvoir, a pris position en faveur d’une dissolution de l’Assemblée nationale, estimant que la majorité parlementaire actuelle ne garantit plus la stabilité du pays. Il a appelé le chef de l’État à affirmer pleinement son autorité institutionnelle, rejetant toute idée de gouvernance sous influence. Son intervention survient alors que les relations entre le président Diomaye Faye et son ancien mentor, le Premier ministre Sonko, se dégradent, notamment sur la question d’un éventuel référendum constitutionnel.
Faye a critiqué la confusion des responsabilités au sommet de l’État, soulignant que le poids politique du Premier ministre, fondateur du parti au pouvoir, brouille la répartition des pouvoirs entre l’Exécutif et le législatif. Il a plaidé pour un retour aux urnes comme solution à la crise, plutôt que pour une révision constitutionnelle par référendum.
Pourquoi c'est important
Cette prise de position révèle une fracture au sein même de la majorité présidentielle, où les divergences sur la méthode pour sortir de la crise institutionnelle deviennent publiques. Le choix entre dissolution et référendum cristallise les tensions entre deux visions : l’une privilégiant une clarification par les urnes, l’autre une réforme constitutionnelle directe. Une dissolution permettrait au président de solliciter une nouvelle majorité parlementaire alignée sur sa vision, tandis qu’un référendum pourrait exacerber les divisions politiques et fragiliser davantage l’Exécutif.
La sortie de Faye, ancien membre du gouvernement, renforce aussi l’hypothèse d’un affaiblissement de l’influence de Sonko, dont le rôle de Premier ministre est de plus en plus contesté. Elle pourrait accélérer une recomposition des rapports de force au sein du parti au pouvoir, avec des répercussions sur la gouvernance du pays.
Ce qu'il faut surveiller
Plusieurs scénarios restent possibles dans les prochaines semaines. D’abord, la réaction du président Diomaye Faye face à cette pression publique en faveur d’une dissolution : un silence prolongé ou une réponse mesurée pourrait indiquer une hésitation à trancher entre les deux options. Ensuite, l’évolution des relations entre le chef de l’État et le Premier ministre Sonko, dont les divergences pourraient s’aggraver si la crise persiste.
Enfin, la réaction de la majorité parlementaire, déjà fragilisée, sera déterminante : une scission plus marquée entre partisans de la dissolution et défenseurs du référendum pourrait fragiliser davantage l’Exécutif. Les prochaines déclarations des acteurs clés, ainsi que les éventuelles consultations internes au parti au pouvoir, seront des indicateurs cruciaux pour anticiper la suite des événements.