Lors du 26e sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Bichkek, le président togolais Faure Gnassingbé a appelé à une redéfinition des relations internationales. Face aux puissances eurasiennes, il a défendu une vision où l'Afrique refuse de choisir un camp, privilégiant une souveraineté économique accrue et une réforme des instances mondiales.
Une vision critique de la multipolarité
Le dirigeant togolais a souligné que l'émergence de nouveaux centres de puissance ne garantit pas mécaniquement un ordre mondial plus juste. Selon lui, la multiplication des pôles d'influence risque d'exacerber les rivalités plutôt que de favoriser la coopération. Pour le Togo, cette transition géopolitique doit impérativement aboutir à une diversification des partenariats, permettant aux États africains de s'extraire de la logique de bloc, qu'elle soit occidentale ou eurasienne.
Souveraineté économique et transformation locale
Au-delà des enjeux diplomatiques, le chef de l'État a insisté sur la nécessité pour les pays du Sud de financer leur propre développement. Il a identifié la transformation locale des ressources naturelles, plutôt que leur exportation à l'état brut, comme le levier indispensable d'une souveraineté économique réelle. Cette approche vise à réduire la dépendance structurelle des économies africaines vis-à-vis des marchés extérieurs.
Réformer la gouvernance mondiale
Le sommet de Bichkek, qui a réuni des puissances telles que la Chine, la Russie, l'Inde et l'Iran, a mis en lumière la place encore limitée du continent africain dans ces nouvelles instances régionales. Faure Gnassingbé a plaidé pour une meilleure articulation entre l'Union africaine, l'OCS et les Nations unies. Il a réitéré l'exigence d'une réforme profonde des instances de décision internationales, jugeant la sous-représentation de l'Afrique comme un obstacle majeur à l'équité mondiale.
L'enjeu de la participation togolaise
La présence du Togo à ce forum, aux côtés de l'Égypte, souligne une volonté de s'inscrire dans les espaces de dialogue hors du cadre occidental traditionnel. Alors que l'OCS s'est élargie pour devenir un forum influent, le message togolais rappelle que l'adhésion à ces nouveaux espaces de coopération doit servir les intérêts nationaux et continentaux sans pour autant enfermer les pays africains dans de nouvelles allégeances exclusives.