La Première ministre désignée, Fatima-Zahra Mansouri, a lancé une série de consultations politiques à Rabat pour définir la composition du futur gouvernement. Ces échanges, menés au siège du Parti authenticité et modernité (PAM), visent à sonder les intentions des différentes formations politiques quant à leur participation à la prochaine majorité.
Des échanges exploratoires avec les forces politiques
Le premier cycle de rencontres a permis à Fatima-Zahra Mansouri de recevoir les délégations du Rassemblement national des indépendants (RNI) et du Parti de l'Istiqlal. Mohamed Chaouki, pour le RNI, a mis en avant la nécessité de privilégier les intérêts supérieurs de la nation dans cette nouvelle phase. De son côté, Nizar Baraka, secrétaire général de l'Istiqlal, a indiqué que la position officielle de sa formation serait tranchée lors de la prochaine session de son Conseil national, soulignant une volonté de soutenir l'expérience politique du pays, quelle que soit la place occupée par le parti.
Positions nuancées et attentes des partis
D'autres formations adoptent une posture plus réservée. Le Parti du progrès et du socialisme (PPS), représenté par Mohamed Nabil Benabdallah, poursuit ses délibérations internes, insistant sur le fait que sa décision finale dépendra de l'évolution des discussions et des positions adoptées par les autres acteurs. Quant à l'Union socialiste des forces populaires (USFP), son premier secrétaire Driss Lachgar a choisi de maintenir la confidentialité des échanges, tout en se montrant optimiste sur la dynamique en cours. Le Mouvement populaire, par la voix de Mohamed Ouzzine, a insisté sur l'urgence de répondre aux défis territoriaux et aux attentes de la jeunesse, affirmant que son engagement pour les intérêts nationaux demeure constant, que le parti siège dans la majorité ou dans l'opposition.
Le refus de rencontre d'Abdelilah Benkirane
Le processus de consultation a connu un épisode singulier avec le refus d'Abdelilah Benkirane, secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), de se rendre au siège du PAM. Bien qu'il ait exprimé son respect pour la nomination royale et le statut institutionnel de la Première ministre désignée, M. Benkirane a justifié son refus par des considérations liées au protocole, estimant que les rencontres devraient se tenir dans un cadre différent. Il a par ailleurs réitéré la décision de son parti de se positionner dans l'opposition, fermant ainsi la porte à toute participation à la future majorité gouvernementale, tout en laissant ouverte la possibilité d'un échange après l'installation officielle du gouvernement au Parlement.