Le paysage politique marocain franchit une étape historique avec la nomination de Fatima Zahra El Mansouri au poste de Première ministre. Désignée par le roi Mohammed VI, cette avocate de 50 ans devient la première femme à occuper cette fonction dans le royaume, après que son parti, le Parti Authenticité et Modernité (PAM), a terminé en tête des élections législatives.
Un parcours politique ancré dans l'exécutif
Avocate spécialisée en droit des affaires et formée entre Rabat, la France et les États-Unis, Fatima Zahra El Mansouri dispose d'une solide expérience institutionnelle. Maire de Marrakech depuis 2009, elle a également exercé les fonctions de ministre de l'Aménagement du territoire et du Logement dans le gouvernement sortant. Sa nomination, préférée à celle d'autres figures du PAM comme Fouzi Lekjaa, confirme son poids politique au sein de la coalition dirigeante, dont elle assure la coordination depuis février 2024.
Le défi de la formation d'une majorité parlementaire
Bien que le PAM soit arrivé en tête du scrutin avec 97 sièges, la nouvelle Première ministre fait face à une équation arithmétique complexe. Pour atteindre la majorité absolue fixée à 198 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants, elle devra impérativement négocier une coalition. Cette tâche s'annonce délicate, notamment en raison de ses divergences avec le Rassemblement national des indépendants (RNI), partenaire junior dans la précédente législature, et du refus catégorique du Parti de la justice et du développement (PJD), arrivé avec 54 sièges, de s'allier avec sa formation.
Une figure sous le regard des attentes sociétales
Si sa nomination est perçue comme un signal fort pour la représentation des femmes dans les hautes sphères de l'État, Fatima Zahra El Mansouri adopte une posture prudente sur les questions de société. Bien qu'elle soit une figure de proue du paysage politique, elle s'est jusqu'ici tenue à l'écart des débats publics sur des sujets sensibles comme l'égalité successorale ou la polygamie. Son mandat sera scruté non seulement pour sa capacité à bâtir un consensus gouvernemental, mais aussi pour la manière dont elle incarnera cette fonction inédite dans une monarchie constitutionnelle où le souverain conserve des prérogatives majeures.