Le Maroc franchit une étape historique avec la nomination, ce 16 octobre 2026, du gouvernement dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri. Première femme à occuper la fonction de Cheffe du gouvernement dans le Royaume, elle s'appuie sur une coalition quadripartite pour piloter une équipe de 32 membres marquée par un équilibre entre stabilité institutionnelle et renouvellement des compétences.
Une architecture gouvernementale entre stabilité et renouveau
La nouvelle équipe ministérielle, composée de 19 ministres, 11 ministres délégués et du secrétaire général du gouvernement, Hassan Tariq, affiche une volonté de continuité sur les dossiers régaliens. Les titulaires des portefeuilles de l'Intérieur, des Affaires étrangères, des Habous et de la Défense nationale conservent leurs fonctions. Parallèlement, plusieurs figures du cabinet sortant sont reconduites, à l'instar d'Abdellatif Ouahbi à la Justice ou de Nizar Baraka à l'Équipement et l'Eau. Une évolution notable concerne Fouzi Lekjaa, qui quitte son poste de ministre délégué au Budget pour prendre la direction du ministère de l'Économie, des Finances et de la Performance publique.
Une présence féminine renforcée au sein de l'Exécutif
Avec sept femmes nommées sur 32 sièges, cette configuration marque une progression dans la représentation féminine au sommet de l'État. Outre la Cheffe du gouvernement, Charafat Afailal prend en charge le ministère de l'Énergie, des Mines et du Développement durable, tandis que Najwa Koukouss est nommée à la tête du ministère de la Famille, du Développement social et de l'Égalité. Quatre ministres déléguées viennent compléter ce contingent, intervenant sur des dossiers transversaux tels que les relations avec le Parlement, la formation professionnelle, l'habitat et la réforme de l'administration.
La stratégie d'une coalition quadripartite
La composition de ce gouvernement reflète la dynamique de la majorité issue des législatives du 23 septembre, réunissant le Parti authenticité et modernité (PAM), le Parti de l'Istiqlal (PI), l'Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS). Selon l'analyse du politologue Rachid Lazrak, cette architecture dépasse le simple remaniement pour opérer une reconfiguration des équilibres politiques. L'Exécutif mise désormais sur une combinaison de profils partisans expérimentés et de compétences techniques, à l'image d'Ahmed Rahhou, technocrate indépendant chargé de l'Intelligence artificielle et de la Transformation numérique, illustrant une volonté d'ouverture sur les enjeux de modernisation administrative.