Le roi Mohammed VI a officiellement nommé Fatima Ezzahra El Mansouri au poste de Première ministre, marquant une étape inédite dans l'histoire politique du Maroc. Cette nomination, qui fait d'elle la deuxième femme à occuper une telle fonction dans le monde arabe, intervient au lendemain des élections législatives où son parti, le PAM, est arrivé en tête.
Un défi de coalition pour le nouveau gouvernement
Avec 97 sièges obtenus sur les 395 que compte la Chambre des représentants, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) ne dispose pas de la majorité absolue nécessaire pour gouverner seul. La mission prioritaire de la nouvelle Première ministre consiste désormais à bâtir une coalition solide. Si le PAM a exprimé son ouverture au dialogue avec l'ensemble des forces politiques, plusieurs formations, dont le Parti de la Justice et du Développement (PJD) et la Fédération de la Gauche Démocratique, ont déjà fait savoir qu'elles siégeraient dans l'opposition.
Un parcours ancré dans la gestion publique
Âgée de 50 ans, Fatima Ezzahra El Mansouri possède une solide expérience de la gestion locale et nationale. Maire de Marrakech et ancienne ministre de l'Aménagement du territoire, de l'Urbanisme et de l'Habitat, elle a piloté des dossiers complexes, notamment le programme de soutien direct au logement et la reconstruction post-séisme dans la région d'Al Haouz. Sa formation juridique, acquise entre Montpellier et New York, complète un profil tourné vers l'administration et le développement urbain.
Des enjeux économiques majeurs à l'horizon 2030
La formation du futur exécutif revêt un caractère stratégique immédiat. Le gouvernement devra piloter l'allocation de milliards de dollars d'investissements publics, un enjeu crucial dans la perspective de la Coupe du Monde de la FIFA 2030, que le Maroc co-organisera avec le Portugal et l'Espagne. La capacité de la nouvelle cheffe du gouvernement à stabiliser sa majorité parlementaire sera déterminante pour la mise en œuvre de ces chantiers d'envergure nationale et internationale.