Le processus d'administration judiciaire de la branche britannique de Brewdog révèle une situation financière critique, laissant les créanciers et les anciens employés sans espoir de recouvrement. Malgré le rachat de la marque par le groupe américain Tilray en mars dernier, les fonds générés par la liquidation des actifs se sont avérés largement insuffisants pour honorer les dettes accumulées.
Un passif social et commercial lourd
La chute du géant brassicole écossais a entraîné la fermeture immédiate de 38 établissements et le licenciement de 440 collaborateurs. Le rapport des administrateurs AlixPartners souligne qu'environ 489 000 livres sterling sont dues au titre des salaires impayés et des congés payés. Parallèlement, le passif commercial atteint 20 millions de livres, affectant une multitude de prestataires allant des commerces locaux aux institutions sportives et universitaires. Ces créanciers non garantis ne devraient percevoir qu'une fraction dérisoire de leurs créances, soit moins d'un centime par livre due.
L'échec de la valorisation des actifs
La faiblesse des liquidités disponibles s'explique par une vente d'actifs moins fructueuse que prévu et par des coûts opérationnels imprévus. La sécurisation des sites fermés, confrontés à des occupations non autorisées, a pesé sur les comptes. Les cessions réalisées, incluant des équipements de bar et des véhicules, n'ont généré que des revenus marginaux. À titre d'exemple, la vente de neuf véhicules utilitaires n'a rapporté que 6 250 livres, le reste du parc ayant dû être abandonné.
Le sort des investisseurs et des dettes bancaires
Outre les créanciers commerciaux, environ 200 000 investisseurs ayant participé au programme de financement participatif « Equity for Punks » voient leurs parts devenir totalement caduques. La société mère, BrewDog PLC, reste toutefois engagée dans le remboursement de dettes prioritaires, notamment envers le fisc britannique (HMRC) et le groupe bancaire HSBC, qui affiche encore un déficit de recouvrement estimé à 16,8 millions de livres. Si des ventes d'actifs aux États-Unis pourraient théoriquement réduire ce manque à gagner, la situation demeure sans issue pour la majorité des parties prenantes locales.