Le secrétaire général adjoint de Pastef-Les Patriotes, Fadilou Keïta, a vivement critiqué le recours de l'Exécutif à l'article 84 du Règlement intérieur de l'Assemblée nationale pour obtenir le renvoi en commission de la loi de finances rectificative. Cette prise de position souligne les tensions persistantes sur la nature de la collaboration entre les pouvoirs exécutif et législatif au Sénégal.
La critique du recours à l'article 84
Pour Fadilou Keïta, l'utilisation de l'article 84 pour solliciter le renvoi en commission des travaux parlementaires est le symptôme d'un manque de sincérité dans les rapports institutionnels. Le responsable politique estime que cette manœuvre, plutôt que de favoriser un dialogue constructif, témoigne d'une approche qui évite la confrontation directe et transparente au sein de l'hémicycle. Il rejette l'idée que la gestion des affaires publiques doive reposer sur des artifices procéduraux, appelant plutôt à une communication plus directe entre les deux institutions.
Vers un nouveau pacte institutionnel
Face à ce constat, le cadre de Pastef exhorte les autorités à adopter un « gentlemen's agreement » fondé sur l'intérêt supérieur de la Nation. Cette vision implique de dépasser les calculs politiciens immédiats pour se concentrer sur la cohérence des engagements pris devant les citoyens. Selon lui, le redressement de la gouvernance passe impérativement par la reconnaissance pleine et entière de l'Assemblée nationale comme une institution constitutionnelle dotée de prérogatives exclusives et complémentaires à celles du gouvernement.
L'appel à la responsabilité partagée
Fadilou Keïta souligne toutefois qu'il n'est pas trop tard pour corriger la trajectoire actuelle. Il salue la posture d'ouverture affichée par les députés et appuie les récentes interventions du Premier ministre Ousmane Sonko, qui a insisté sur la nécessité de respecter l'expression effective des pouvoirs du Parlement. L'enjeu, pour le secrétaire général adjoint de Pastef, est de transformer cette dynamique en une collaboration durable, où la confiance mutuelle remplace les tensions procédurales, afin de garantir une meilleure efficacité dans la gestion des finances publiques et des politiques nationales.