Confronté à un blocus pétrolier imposé par les États-Unis, Cuba engage une restructuration forcée de son mix énergétique. Le gouvernement cubain cherche désormais à s'affranchir de sa dépendance aux importations d'hydrocarbures en misant sur ses ressources nationales et le déploiement massif de capacités solaires.
Une stratégie de survie énergétique
Le ministre cubain de l'Énergie et des Mines, Vicente de la O Levy, a confirmé que le pays explore activement des alternatives domestiques pour pallier l'asphyxie économique provoquée par les restrictions américaines. Cette politique vise à exploiter le potentiel solaire, éolien et hydraulique de l'île, tout en optimisant l'usage du pétrole brut et du gaz extraits localement. Si la production nationale de pétrole reste stable, elle est quasi intégralement absorbée par les centrales électriques, laissant peu de marges de manœuvre pour le reste de l'économie.
Le déploiement du solaire comme levier
Pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles, qui assurent encore la majorité de l'électricité nationale, Cuba a accéléré l'installation de parcs solaires. Au cours des dernières années, 144 fermes photovoltaïques ont été mises en service, totalisant une capacité d'environ 1 418 mégawatts. Ce déploiement s'appuie largement sur des importations de panneaux solaires en provenance de Chine, dont les flux ont été intensifiés depuis le durcissement des sanctions américaines en janvier dernier.
L'impact des sanctions sur le quotidien
Le durcissement de la politique américaine, marqué par l'arrêt des importations de pétrole vénézuélien et des menaces tarifaires contre les pays exportateurs vers Cuba, a plongé l'île dans une crise humanitaire aiguë. Les pénuries de carburant, de médicaments et d'eau se traduisent par des coupures d'électricité fréquentes. Le gouvernement cubain rejette les accusations américaines concernant des tentatives illégales d'importation de carburant, soulignant que les rares livraisons destinées au secteur privé couvrent moins de 3 % des besoins réels du pays. Malgré ces obstacles, les autorités cubaines maintiennent leur cap, bien que le ministre reconnaisse que la transition ne progresse pas à la vitesse souhaitée face à l'urgence de la situation.