Face au blocus américain, l'Iran appelle sa population à économiser l'essence

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 33 lectures
Face au blocus américain, l'Iran appelle sa population à économiser l'essence

Un haut responsable iranien a lancé un appel à la sobriété énergétique devant la télévision nationale. Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement et figure des négociations avec Washington, a exhorté ses concitoyens à réduire leur consommation d'essence, une denrée devenue difficile à importer en raison du blocus naval imposé par les États-Unis.

Un appel à la sobriété sous tension

« En tout état de cause, ce qui est clair, c'est que nous devons économiser l'essence dans notre consommation », a déclaré Mohammad Bagher Ghalibaf lors d'une allocution télévisée. Le président du Parlement iranien a tenté de rassurer : « Si nous la consommons correctement, nous pouvons nous débrouiller avec la quantité d'essence que nous produisons », a-t-il ajouté, rappelant que l'Iran figure parmi les principaux producteurs mondiaux de pétrole. Il a néanmoins reconnu qu'une part excessive de la consommation ne revenait pas à la population mais à l'industrie nationale.

Un blocus qui étrangle l'approvisionnement

Depuis le déclenchement du conflit fin février, Téhéran verrouille le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux. En représailles, Washington a imposé un blocus aux ports iraniens et annoncé des sanctions secondaires visant les partenaires commerciaux de Téhéran, dans une stratégie d'asphyxie économique. La semaine précédente, le vice-président Mohammad Jafar Ghaempanah avait confirmé que le blocus empêchait toute importation d'essence et que la production nationale était « insuffisante ». De longues files d'attente se sont formées devant les stations-service à travers le pays.

Pression sociale et promesses de subventions

Ghalibaf a justifié l'appel à la mobilisation en estimant qu'il fallait « montrer à l'ennemi » que les effets des mesures américaines étaient « en réalité réduits au minimum ». Sur le plan social, le gouvernement a annoncé son intention d'accroître « dès que possible » les subventions alimentaires, en ciblant les ménages les plus exposés à la flambée des prix, afin de « réduire le mécontentement » de la population. L'économie iranienne, déjà fragilisée par des décennies de sanctions internationales, subit une pression accrue depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par une offensive américano-israélienne.

Le spectre des contestations de janvier

L'enjeu politique est sensible pour les autorités. Fin décembre, un mouvement de contestation initialement né contre la vie chère s'était transformé en vastes manifestations antigouvernementales, culminant en janvier avant d'être réprimées. Dans ce contexte, la gestion de la pénurie d'essence et l'annonce de nouvelles subventions alimentaires deviennent un test direct de la capacité du pouvoir à contenir une colère sociale attisée par la guerre et l'isolement économique.

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