À l'approche du Mondial de l'Auto, l'Élysée réaffirme sa volonté de protéger l'industrie automobile européenne face à la montée en puissance des constructeurs chinois. Le président français Emmanuel Macron entend consolider la souveraineté industrielle du continent en misant sur l'électrification et des mesures de préférence commerciale.
Un déséquilibre structurel face à la Chine
La présidence française souligne un écart massif entre les capacités de production chinoises et européennes. Avec 55 millions de véhicules exportables annuellement, la Chine exerce une pression concurrentielle inédite sur un marché européen dont la production plafonne à 12 millions d'unités. Pour contrer cette dynamique, Paris plaide pour une stratégie de préférence européenne, excluant de facto les constructeurs chinois n'ayant pas investi durablement sur le Vieux Continent des discussions stratégiques organisées à l'Élysée.
Modération des exportations et régulation
La pression exercée par l'Union européenne commence à porter ses fruits, Pékin ayant récemment accepté de limiter ses exportations de véhicules hybrides vers l'Europe. Cette concession, qui pourrait se traduire par l'instauration de quotas, s'ajoute aux surtaxes déjà appliquées sur les modèles électriques. Ces leviers visent à freiner l'afflux massif de véhicules asiatiques à bas coûts qui menace les parts de marché des constructeurs locaux.
Le pari de l'électrification et du Made in France
Le gouvernement français mise sur la transition énergétique pour revitaliser sa filière. La part des véhicules électriques dans les immatriculations nationales a bondi, passant de 1 % en 2017 à 40 % en septembre dernier. L'enjeu est désormais de sécuriser la chaîne de valeur, notamment dans la production de batteries, où le Made in France représente désormais 26 % des nouvelles immatriculations.
Vers une préférence européenne institutionnalisée
L'objectif de Paris est de transformer ces acquis nationaux en une stratégie commune à l'échelle de l'UE. La Commission européenne envisage d'imposer des critères de provenance pour l'accès aux fonds publics dans les secteurs stratégiques. Si la France pousse pour un strict Made in Europe, des discussions complexes se poursuivent avec l'Allemagne, qui privilégie une approche plus ouverte incluant certains partenaires commerciaux sous le concept de Made with Europe.