La montée en puissance des cyberattaques au Burkina Faso impose une nouvelle rigueur aux professionnels de l'information et aux citoyens. Face à des préjudices financiers atteignant 1,872 milliard de FCFA en 2025, les autorités appellent à une appropriation urgente des réflexes de sécurité numérique pour contrer le piratage et l'usurpation d'identité.
Une menace en constante progression
Les données de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) révèlent une tendance préoccupante : le nombre de plaintes a bondi de 3 028 en 2022 à 6 367 en 2025. Cette criminalité, qui exploite l'essor du numérique et du Mobile Money, ne se limite pas à des pertes financières. Elle engendre des conséquences sociales et psychologiques graves, allant de la perte d'emploi à l'atteinte à la vie privée. Le lieutenant Samuel Nacoulma souligne que l'anonymat relatif offert par le web et le manque de sensibilisation des utilisateurs constituent les principaux leviers exploités par les malfaiteurs.
Sécuriser ses accès et ses données
La protection commence par des mesures élémentaires mais souvent négligées. Le mot de passe reste la première ligne de défense : il doit être complexe, comporter au moins 12 caractères et ne jamais être lié à des informations personnelles. L'authentification à deux facteurs est désormais présentée comme indispensable pour sécuriser les comptes sensibles. Parallèlement, une organisation rigoureuse des fichiers sur les terminaux permet de limiter l'exposition des données, en évitant notamment de stocker des documents critiques sur le bureau ou dans les dossiers de téléchargement.
La gestion des équipements personnels
L'usage d'appareils personnels à des fins professionnelles, une pratique courante, expose les utilisateurs à des risques accrus en cas de vol ou d'intrusion. La recommandation des experts est claire : il faut cloisonner strictement les usages. Si l'utilisation d'un ordinateur personnel pour le travail est inévitable, la création d'une session utilisateur dédiée et le chiffrement des fichiers sensibles sont des impératifs. Cette vigilance s'étend aux smartphones, véritables coffres-forts numériques, dont le verrouillage automatique et la gestion sélective des autorisations d'applications sont essentiels.
Responsabilité des acteurs de l'information
Pour les journalistes et web-activistes, la cybersécurité est une question de responsabilité collective. La compromission d'un compte ou d'un équipement peut mettre en péril des sources, des documents de travail et la crédibilité professionnelle. Au-delà des outils techniques, c'est une culture de la prudence qui est prônée : vérifier systématiquement l'origine des liens, se déconnecter des sessions publiques et rester alerte face aux tentatives de phishing ou à la diffusion de contenus manipulés. La sécurité numérique, loin d'être une option, est devenue une condition sine qua non de l'exercice professionnel dans un environnement informationnel complexe.