Le Fonds monétaire international (FMI) appelle le gouvernement nigérian à une refonte stratégique de sa gestion budgétaire face à une dette publique qui a atteint 166,788 billions de nairas en juin 2026. L'institution financière souligne l'urgence de mobiliser davantage de recettes tout en réorientant les dépenses vers des secteurs porteurs de croissance, afin de rompre avec le cycle actuel d'endettement croissant malgré une hausse des revenus de l'État.
Optimiser la mobilisation des recettes fiscales
Pour le FMI, le Nigeria doit impérativement élargir son assiette fiscale, actuellement jugée trop étroite. Davide Furceri, chef de division au département des affaires budgétaires, insiste sur la nécessité d'éliminer les distorsions au sein du système fiscal actuel. L'objectif n'est pas nécessairement d'alourdir la pression fiscale globale, mais de rendre le système plus efficient. Cette réforme est présentée comme une condition sine qua non pour permettre au pays d'honorer ses obligations liées au service de la dette tout en dégageant des marges de manœuvre pour financer des investissements productifs.
La fin des subventions généralisées
Rodrigo Valdés, directeur du département des affaires budgétaires du FMI, a mis en garde contre le coût prohibitif des subventions universelles, notamment sur les carburants. Bien que conscient de la sensibilité politique de ces prix, le FMI préconise une transition vers des aides ciblées. Plutôt que de subventionner la consommation de carburant pour tous, le gouvernement est encouragé à privilégier des mécanismes de soutien direct aux populations les plus vulnérables, comme des aides aux transports publics ou des programmes d'alimentation scolaire, afin de limiter l'impact de l'inflation sur le pouvoir d'achat.
Réorienter les dépenses vers le capital humain
Au-delà de la rigueur budgétaire, le FMI exhorte Abuja à prioriser les dépenses ayant un impact à long terme sur l'économie. La recommandation est claire : réduire le gaspillage et réallouer les ressources vers la santé, l'éducation et les infrastructures essentielles. Ces secteurs sont identifiés comme les leviers fondamentaux pour stimuler la croissance économique durable du pays. Le FMI reconnaît toutefois les défis logistiques liés au ciblage des aides, notamment en l'absence de registres nationaux complets, et encourage le gouvernement à développer ces outils numériques comme une priorité à moyen terme.
Un contexte mondial sous tension
Ces recommandations s'inscrivent dans un rapport plus large sur la surveillance budgétaire mondiale, où le FMI alerte sur la hausse des coûts de refinancement de la dette à l'échelle internationale. Avec une dette mondiale projetée à 100 % du PIB d'ici la fin de la décennie, le FMI appelle les États à adopter des plans de consolidation crédibles, fondés sur une plus grande transparence institutionnelle, afin de naviguer dans un environnement économique marqué par des taux d'intérêt élevés.