Une délégation composée de sénateurs et de députés nationaux du Haut-Uélé a rejoint Isiro, chef-lieu de la province, pour répondre à l'appel du gouverneur Jean Bakomito. Cette mission intervient dans un contexte de propagation préoccupante de la maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo, à travers plusieurs territoires de la région.
Une double mission de sensibilisation et de cohésion politique
La présence des élus sur le terrain poursuit deux objectifs distincts. Le premier est d'ordre sanitaire : il s'agit de renforcer la sensibilisation des populations locales aux mesures barrières indispensables pour freiner la transmission du virus. Le second volet est politique. Jean-Pierre Kezamudru, député national et président de l'Action pour le Renouveau et le Développement du Congo, a souligné la nécessité pour les représentants de la province de trouver un consensus sur leurs différends internes afin d'assurer une réponse coordonnée face à la crise.
Le précédent de 2012 dans le Haut-Uélé
La ville d'Isiro n'est pas étrangère à cette pathologie. En août 2012, l'Organisation mondiale de la santé y avait déjà confirmé des cas de fièvre hémorragique à virus Ebola. À l'époque, le foyer avait été circonscrit avec 11 cas probables ou confirmés et 9 décès recensés. La souche identifiée alors par l'Institut de recherche sur les virus de l'Ouganda était déjà celle de Bundibugyo, la même espèce qui circule actuellement dans le pays.
Une ampleur épidémique sans précédent
Si la mémoire locale garde le souvenir de l'épisode de 2012, l'ampleur de la situation actuelle est nettement plus importante. Selon les données de l'Institut national de santé publique arrêtées au 18 août, l'épidémie touche désormais six provinces. Le bilan s'établit à 5 208 cas cumulés, ayant entraîné 2 476 décès. Cette mission parlementaire à Isiro s'inscrit dans un effort national visant à briser les chaînes de transmission dans une province où la population, bien que familière avec le virus, fait face à une crise sanitaire d'une tout autre envergure.