Face à la persistance des prix élevés du pétrole, le gouvernement français a annoncé un renforcement significatif de son dispositif de soutien aux ménages et aux secteurs professionnels les plus vulnérables. Ce plan, doté d'une enveloppe de 450 millions d'euros, vise à atténuer l'impact de la crise énergétique sur le pouvoir d'achat des travailleurs et la viabilité des entreprises exposées.
Extension du dispositif pour les travailleurs mobiles
La mesure phare concerne l'aide dite « grands rouleurs », qui voit son éligibilité élargie pour atteindre 5,5 millions de bénéficiaires, contre 3 millions précédemment. Le plafond de revenus pour y prétendre est rehaussé : une personne seule peut désormais percevoir cette aide de 100 euros avec un revenu allant jusqu'à 2 035 euros net, contre 1 508 euros auparavant. Ce soutien est conditionné à l'usage du véhicule personnel pour les trajets domicile-travail, sur une distance minimale de 15 km ou un parcours annuel de 8 000 km. Pour simplifier les démarches, le versement sera automatique pour les anciens bénéficiaires, tandis qu'une plateforme dédiée sera ouverte en octobre pour les nouveaux éligibles.
Soutien accru aux entreprises et secteurs spécifiques
Le gouvernement mise également sur l'implication du secteur privé en relevant le plafond de la « prime carburant » versée par les employeurs, qui passe de 600 à 1 000 euros. Cette prime demeure défiscalisée et exonérée de cotisations sociales. Parallèlement, des mesures sectorielles sont reconduites jusqu'au 31 décembre : les agriculteurs et les entreprises du BTP bénéficient du maintien d'une aide sur le gazole non routier (GNR). Les pêcheurs, particulièrement touchés, voient leur aide indexée sur les standards européens pour couvrir 70 % de la hausse des coûts, avec l'accès à des prêts à taux zéro garantis par Bpifrance.
Gestion des finances publiques et calendrier
Le coût total de 450 millions d'euros s'inscrit dans une enveloppe budgétaire globale de 1,4 milliard d'euros prévue pour la crise. Les autorités précisent que ce montant est rendu possible par le taux de recours inférieur aux attentes lors des précédentes phases du dispositif. Par ailleurs, le versement du chèque énergie, destiné à 5,8 millions de foyers, sera avancé au mois de janvier 2027. Le gouvernement insiste sur l'absence de « cagnotte » fiscale, soulignant que si les recettes de TVA ont progressé, les revenus issus de l'accise sur les carburants ont subi une baisse marquée, illustrant la complexité de l'équilibre budgétaire face à la volatilité des cours mondiaux.