Face à la dégradation des terres, le modèle pastoral mongol offre des pistes de réflexion pour l'Afrique

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 27 lectures
Face à la dégradation des terres, le modèle pastoral mongol offre des pistes de réflexion pour l'Afrique

Alors que la COP17 sur la lutte contre la désertification s'ouvre en Mongolie, l'expérience des steppes offre un miroir saisissant aux défis pastoraux du Sahel. Entre pression démographique animale et impératifs de restauration des sols, le pays déploie des stratégies innovantes pour concilier survie économique et préservation des écosystèmes.

Un équilibre fragile entre cheptel et écosystème

La Mongolie fait face à une transformation profonde de son modèle économique depuis la fin de l'ère soviétique. Le passage à une économie de marché a conduit à une augmentation massive du cheptel, devenu le principal indicateur de richesse des ménages. Cette croissance exponentielle, couplée à des conditions climatiques extrêmes, exerce une pression critique sur les pâturages. Les scientifiques locaux estiment que plus de 100 millions d'hectares de terres sont aujourd'hui touchés par une dégradation nécessitant des interventions urgentes de restauration, notamment par le réensemencement d'espèces végétales endémiques.

Valoriser la production plutôt que la quantité

Pour contrer le surpâturage, le parc national de Hustai expérimente une approche pragmatique : encourager les éleveurs à accroître la valeur ajoutée de leurs produits plutôt que de multiplier le nombre de têtes de bétail. En transformant le lait en produits dérivés — fromages, confiseries laitières — les communautés diversifient leurs revenus tout en réduisant la charge sur les sols. Cette stratégie est complétée par l'introduction d'activités alternatives, telles que le maraîchage sous serre et l'écotourisme, permettant de stabiliser les moyens de subsistance des populations locales.

Des leçons pour le pastoralisme africain

Les similitudes entre les steppes mongoles et le Sahel sont frappantes : dans les deux cas, le changement climatique fragilise des modes de vie ancestraux. Cependant, là où le Nigeria et d'autres pays africains font face à des conflits récurrents pour l'accès aux ressources, la Mongolie bénéficie d'une densité de population plus faible permettant une séparation géographique entre agriculture et élevage. L'enseignement majeur pour le continent africain réside dans la nécessité d'une approche intégrée : la restauration des terres ne peut réussir sans une collaboration étroite entre scientifiques, autorités publiques et communautés pastorales.

La restauration comme lien social

Au-delà des techniques de réensemencement, le modèle mongol démontre que la préservation de la biodiversité, illustrée par le succès de la réintroduction du cheval de Przewalski, peut coexister avec l'activité humaine. La réussite de cette transition repose sur la capacité à restaurer non seulement les sols, mais aussi le lien entre les populations et leur environnement. Pour les décideurs africains, l'enjeu est désormais de transformer le pastoralisme en un secteur à haute valeur ajoutée, capable de s'adapter aux contraintes climatiques tout en garantissant la pérennité des terres nourricières.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.