Exploitation minière en RDC : un rapport d'Amnesty dénonce un système de terreur et de pillage

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 33 lectures
Exploitation minière en RDC : un rapport d'Amnesty dénonce un système de terreur et de pillage

Une nouvelle enquête d'Amnesty International met en lumière le calvaire des creuseurs artisanaux dans les mines de Rubaya et Lomera, sous contrôle de l'AFC/M23. Entre travail forcé, exécutions sommaires et détournement de ressources, ce rapport documente une économie de guerre qui alimente les circuits internationaux.

Un système de terreur dans les sites miniers

Le rapport, fondé sur des témoignages recueillis entre janvier et avril 2026, décrit un climat de violence extrême imposé aux travailleurs. Dix-huit creuseurs ont été identifiés comme victimes d'homicides, incluant des exécutions sommaires et des décès dus à des passages à tabac systématiques. Les mineurs sont soumis à des conditions de travail inhumaines, forcés de creuser des tranchées militaires ou de travailler dans des puits sous-équipés, tout en étant enfermés dans des cellules souterraines, les « ndake », en cas de non-respect des quotas ou de refus de travail.

La logistique du pillage vers le Rwanda

L'enquête confirme l'existence d'une route d'approvisionnement illicite reliant les mines congolaises au Rwanda. Le sable aurifère extrait à Lomera est acheminé par barques sur le lac Kivu vers le port de Kamembe, au Rwanda, avant d'être transporté par véhicules vers des zones sécurisées. Parallèlement, le coltan de Rubaya, site stratégique fournissant environ 15 % du tantale mondial, est intégré aux chaînes d'approvisionnement rwandaises. Cette contamination des circuits miniers est corroborée par une hausse spectaculaire des exportations d'or et de coltan déclarées par Kigali, malgré les dénégations officielles des autorités rwandaises.

Responsabilités et enjeux internationaux

Amnesty International souligne la présence d'acteurs identifiés comme rwandais dans la gestion des sites miniers et des centres de détention. L'organisation appelle la communauté internationale, notamment les États-Unis et l'Union européenne, à conditionner tout accord minier à une traçabilité rigoureuse et à cesser l'importation de minerais provenant de raffineries s'approvisionnant au Rwanda tant que l'origine illicite des ressources ne sera pas écartée. L'enjeu est de taille : le tantale extrait dans ces conditions alimente directement les industries technologiques et médicales mondiales, faisant de la chaîne d'approvisionnement un levier de pression majeur pour mettre fin à ces violations des droits humains.

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