Évaluation de l’impact du dispositif « 16 jours d’activisme contre les VBG » au Burkina Faso : un mémoire de master qui propose une communication continue

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 38 lectures
Évaluation de l’impact du dispositif « 16 jours d’activisme contre les VBG » au Burkina Faso : un mémoire de master qui propose une communication continue

Un mémoire de master présenté à l’Université libre du Burkina a évalué les effets de la campagne 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (VBG) menée en 2024 par l’ONG Initiative Pananetugri pour le Bien‑être de la Femme (IPBF). L’étude, notée 16/20, met en avant les obstacles rencontrés par les victimes et propose une stratégie de communication permanente afin de renforcer la prévention.

Objectifs et portée de la recherche

L’étudiant‑journaliste Erwan Compaoré a choisi d’analyser les retombées de l’événementiel « 16 jours d’activisme » afin de mieux comprendre les facteurs qui entretiennent les VBG et leurs conséquences sur les femmes et les filles. Au‑delà d’un intérêt académique, le travail s’appuie sur une expérience personnelle qui a sensibilisé le chercheur aux réalités vécues par les victimes.

Méthodologie et principaux constats

Le mémoire combine une revue documentaire, des entretiens avec des acteurs du secteur (ONG, autorités locales, associations de femmes) et la collecte de données de terrain. Les résultats montrent que les formes de VBG – physiques, psychologiques, sexuelles et économiques – restent largement sous‑déclarées, en partie à cause d’un manque d’accès aux dispositifs d’accompagnement. La campagne de 2024 a permis d’accroître la visibilité du problème, mais son impact s’est limité à la période des 16 jours, laissant un vide de communication le reste de l’année.

Recommandations pour une communication continue

Compaoré préconise d’étendre la sensibilisation au quotidien, notamment via les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, WhatsApp) qui constituent des canaux d’expression accessibles à la population. Il suggère également de distinguer clairement les pratiques culturellement tolérées des actes de violence afin d’éviter les ambiguïtés. Le renforcement des mécanismes de prévention passe par une formation régulière des acteurs locaux et une meilleure coordination entre les ONG et les services publics.

Perspectives et enjeux pour les décideurs

Le jury, présidé par la Dre Marie‑Thérèse Somé‑Arcens, a jugé le travail recevable, soulignant son apport à la réflexion sur les politiques de lutte contre les VBG. Le chercheur envisage de poursuivre ses investigations en mobilisant davantage les communautés et en testant des outils de communication innovants. Pour les autorités burkinabè, ces recommandations offrent une feuille de route concrète afin d’ancrer la lutte contre les violences de genre dans une dynamique permanente, au-delà des campagnes ponctuelles.

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