Les représentants des étudiants de Goma et de Bukavu ont adressé un mémorandum au gouvernement et à la MONUSCO, réclamant la levée ou le report de la suspension des activités universitaires, qu’ils qualifient de « suicidaire » et de violation du droit à l’éducation.
Demande officielle des représentants étudiants
Dans un document remis le 17 septembre, les porte‑voix des deux villes insistent sur le fait qu’ils ne sont en aucun cas impliqués dans le conflit qui oppose les forces de l’AFC/M23 aux autorités congolaises. Ils soulignent que la suspension prive les jeunes de leur droit fondamental à l’instruction et compromet leurs perspectives professionnelles, appelant à une solution qui concilie sécurité et continuité académique.
Contexte de la suspension depuis août 2026
Le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation avait, le 20 août 2026, suspendu les inscriptions, réinscriptions, cours, évaluations et délibérations pour l’année académique 2026‑2027 dans onze établissements publics de Goma et Bukavu. Cette décision, motivée par la présence prolongée de groupes armés dans la région depuis près de deux ans, visait à garantir la sécurité des étudiants et du personnel ainsi que la régularité des diplômes délivrés.
Risques de précarité et d’engagement armé
Les étudiants avertissent que l’interruption prolongée des cours risque de laisser de nombreux jeunes sans occupation, les exposant à la précarité économique et à la tentation de rejoindre des milices ou d’autres groupes armés. Ils plaident pour que toute mesure de protection physique s’accompagne d’un dispositif d’accompagnement éducatif afin d’éviter une dérive sécuritaire vers le recrutement forcé.
Pétition contre les nominations du M23 dans les universités
Parallèlement, un collectif d’intellectuels et d’étudiants a lancé une pétition demandant à l’AFC/M23 de renoncer aux nominations qu’il aurait effectuées dans les universités publiques situées sous son contrôle. Cette initiative vise à empêcher toute légitimation de l’autorité rebelle sur les institutions académiques et à préserver l’indépendance du système d’enseignement supérieur congolais.