L'Éthiopie est confrontée à une nouvelle phase d'instabilité majeure depuis septembre 2026, marquée par la formation d'une coalition hétéroclite de groupes armés déterminés à renverser le Premier ministre Abiy Ahmed. Ce basculement fragilise l'accord de paix de Pretoria et fait craindre un embrasement régional, alors que les lignes de front se multiplient dans le nord du pays.
Une alliance hétéroclite contre Addis-Abeba
La Coalition des forces populaires éthiopiennes pour la survie, officialisée le 20 septembre 2026, regroupe des acteurs aux trajectoires divergentes, unis par une volonté commune de destituer le gouvernement fédéral. Le Front de libération pour le peuple du Tigré (TPLF) en constitue la force principale, fort de son expérience militaire acquise lors du conflit de 2020-2022. À ses côtés, l'Armée de libération oromo (OLA) et le Front national de libération de l'Ogaden (ONLF) complètent cette alliance, cherchant à instaurer un gouvernement de transition.
Le retournement des milices Fano
La dynamique du conflit est complexifiée par le revirement des milices Fano. Anciens alliés de l'armée fédérale lors de la guerre au Tigré, ces combattants amhara se sont sentis marginalisés par les accords de paix de 2022. Depuis avril 2023, ils mènent une insurrection active contre le pouvoir central. Leur ralliement à la coalition, malgré des contentieux territoriaux historiques avec le TPLF, notamment sur la zone de Wolkayt, illustre la profondeur de la rupture entre les autorités régionales et le gouvernement d'Abiy Ahmed.
Les risques d'une escalade régionale
La contre-offensive de l'armée fédérale, qui a permis de reprendre Mekele, ne signifie pas pour autant un retour à la stabilité. La situation aux frontières reste critique, particulièrement avec l'Érythrée. Autrefois allié stratégique d'Addis-Abeba, Asmara a pris ses distances, ulcéré par les ambitions éthiopiennes concernant un accès à la mer Rouge. La présence signalée de troupes érythréennes au nord du Tigré depuis début octobre 2026 laisse planer le risque d'une internationalisation du conflit, menaçant directement la souveraineté et l'intégrité territoriale de la région.