Des millions de Tunisiens ont vécu un été marqué par des coupures d'eau et d'électricité à répétition, des files d'attente pour des bouteilles d'eau et la mort de leurs élevages avicoles sous la canicule. Les Observateurs dénoncent un manque d'investissement chronique dans les réseaux, tandis que les autorités ont seulement acheminé de l'eau à la fin du mois d'août, laissant planer la crainte d'une répétition en 2027.
Des coupures généralisées qui ont paralysé le quotidien
Durant les mois de juin à août 2026, les réseaux d'eau potable et d'électricité ont connu des interruptions fréquentes dans la plupart des régions du pays, des zones urbaines aux localités rurales. Les habitants ont dû faire la queue pendant plusieurs heures pour obtenir quelques bouteilles d'eau, tandis que les coupures d'électricité ont duré de quelques minutes à plusieurs heures, affectant la conservation des aliments, le travail à domicile et les services de santé. Les élevages avicoles, déjà fragilisés par la chaleur, ont vu leurs pertes s'accroître, entraînant des difficultés économiques pour de nombreuses familles rurales.
Les causes structurelles : sous‑investissement et changement climatique
Les analystes pointent du doigt un sous‑investissement de plusieurs décennies dans les infrastructures hydrauliques et électriques. Les stations de pompage, les réservoirs et les lignes de distribution sont vieillissants, et les budgets alloués à leur rénovation restent insuffisants face à la pression démographique et à l'urbanisation rapide. Parallèlement, la vague de chaleur exceptionnelle de l'été 2026, liée aux tendances climatiques régionales, a exacerbé la demande en eau et en énergie, révélant la vulnérabilité du système. Le manque de réserves d'eau stratégique et la dépendance accrue aux importations d'énergie ont amplifié la crise.
Réponses des autorités et perspectives pour 2027
Le gouvernement tunisien a finalement acheminé des camions-citernes d'eau à la fin du mois d'août, mais cette intervention tardive n'a pas suffi à apaiser les inquiétudes. Les responsables ont annoncé la mise en place d'un plan de relance visant à moderniser les réseaux d'eau et d'électricité, avec un financement prévu grâce à des partenariats public‑privé et à des aides internationales. Toutefois, les Observateurs soulignent que la mise en œuvre rapide et transparente de ces projets est cruciale pour éviter la répétition du scénario en 2027. La société civile réclame davantage de transparence budgétaire et une planification à long terme intégrant les risques climatiques afin de garantir la résilience des services essentiels.