Un projet de loi bipartisan déposé au Congrès américain propose de classer le Front Polisario comme organisation terroriste étrangère, accusant le mouvement de liens avec l’Iran et de menaces pour la stabilité régionale.
Un texte bipartisan ciblant le Polisario
Deux élus du Congrès, le républicain Ronny Jackson et le démocrate Josh Gottheimer, ont présenté un projet de loi visant à évaluer la possibilité d’inscrire le Front Polisario sur la liste américaine des organisations terroristes étrangères. Ce texte, intitulé *Polisario Front Terrorist Designation Act*, s’inscrit dans une série d’initiatives parlementaires récentes sur ce dossier. Il prévoit un examen approfondi des relations entre le Polisario, l’Iran et des groupes soutenus par Téhéran, notamment en matière d’entraînement militaire, de livraisons d’armes et d’échange de renseignements.
Les auteurs du projet de loi justifient cette démarche par la nécessité de protéger la sécurité nationale des États-Unis et de leurs alliés, accusant l’Iran et ses relais, dont le Hezbollah, d’exploiter le Polisario pour déstabiliser l’Afrique de l’Ouest. Selon eux, si les accusations étaient confirmées, la désignation du mouvement comme organisation terroriste permettrait d’appliquer des sanctions financières et diplomatiques contre ses membres et soutiens.
Contexte géopolitique et réactions américaines
Cette initiative intervient dans un contexte où l’administration américaine maintient une position ferme sur le dossier du Sahara. Washington a réaffirmé à plusieurs reprises son soutien à la souveraineté marocaine sur ce territoire, ainsi qu’à l’initiative d’autonomie proposée par Rabat, considérée comme la solution la plus viable pour un règlement durable du conflit. Le Sénat américain s’est également saisi de la question, avec une proposition similaire déposée par le sénateur républicain Ted Cruz.
Cette dynamique parlementaire s’ajoute à une première tentative législative en juin 2025, portée par les représentants Joe Wilson et Jimmy Panetta, qui a déjà recueilli le soutien de seize membres de la Chambre des représentants, majoritairement républicains. Ces initiatives reflètent une volonté croissante au Congrès de durcir la position américaine envers le Polisario, perçu comme un acteur susceptible de menacer les intérêts stratégiques des États-Unis dans la région.