Une initiative parlementaire portée par la coalition de gauche espagnole Sumar relance le débat autour de l’affaire de Gdeim Izik, un dossier qui oppose depuis plus de dix ans le Maroc et une partie de la classe politique espagnole. Plusieurs députés de Sumar, dont des figures de l’Izquierda Unida, de Más Madrid et de Catalunya en Comú, ont déposé une proposition non législative au Congrès espagnol. Celle-ci appelle le gouvernement à exercer des pressions sur le Maroc afin d’obtenir la libération de personnes condamnées dans cette affaire, qualifiées de « prisonniers politiques » par leurs défenseurs.
La proposition, qui vise également à intensifier les démarches diplomatiques de l’Espagne auprès de Rabat, de l’Union européenne et des Nations unies, demande une intervention de l’ONU pour ouvrir une enquête sur des allégations de torture et de mauvais traitements. Elle réclame aussi la facilitation des visites familiales aux détenus et une visite du rapporteur spécial de l’ONU sur la torture dans les établissements pénitentiaires concernés.
Cette initiative s’inscrit dans une ligne politique défendue depuis des années par une frange de la gauche espagnole, qui soutient les thèses du Front polisario au sein des institutions du pays. Elle contraste avec le changement de position opéré par le gouvernement espagnol en 2022, lorsque Madrid avait reconnu la proposition marocaine d’autonomie pour le Sahara comme « la base la plus sérieuse, réaliste et crédible » pour résoudre le différend régional. Cette reconnaissance avait marqué un tournant dans les relations bilatérales entre l’Espagne et le Maroc.
Pour les autorités marocaines, l’affaire de Gdeim Izik relève d’un dossier de droit commun, ayant fait l’objet de toutes les garanties judiciaires. Selon le texte source, Rabat souligne que les personnes condamnées ont été rejugées devant une juridiction civile après une procédure longue, avant d’être définitivement condamnées pour des faits criminels, notamment des violences ayant causé la mort de plusieurs membres des forces de l’ordre lors des événements de 2010. Le Maroc insiste sur le fait que la question du Sahara doit être traitée exclusivement dans le cadre du processus politique conduit sous l’égide des Nations unies, sans ingérence d’initiatives partisanes cherchant à politiser des dossiers judiciaires définitivement clos.
Le calendrier de cette proposition parlementaire coïncide avec une période où le processus politique autour du Sahara évolue en faveur de la proposition marocaine d’autonomie, soutenue par un nombre croissant d’États. Parallèlement, les relations entre Rabat et Madrid se consolident depuis 2022 dans le cadre d’une feuille de route bilatérale visant à renforcer la coopération entre les deux pays. Cette dynamique diplomatique contraste avec les positions portées par certains acteurs politiques espagnols, qui continuent de défendre une approche différente sur ce dossier sensible.