Les tensions entre les États-Unis et l’Iran s’aggravent dans le Golfe persique, où les échanges de frappes militaires et les menaces de ciblage d’infrastructures stratégiques risquent de déstabiliser davantage la région.
Le président américain a averti que Washington pourrait détruire des ponts ou des centrales électriques iraniens, y compris ceux situés à proximité ou dans la capitale Téhéran, en cas de nouvelles attaques contre des navires dans le détroit d’Ormuz. Cette réponse militaire interviendrait après toute forme d’agression, qu’elle provienne de missiles, de drones ou d’autres armes. Ces déclarations font suite à des frappes américaines menées pour la onzième nuit consécutive, selon les médias iraniens, qui rapportent également l’activation des défenses aériennes dans la capitale et des explosions dans plusieurs villes, dont des ports et une centrale nucléaire.
L’Iran, qui a riposté contre les États-Unis et leurs alliés au Moyen-Orient, a prévenu qu’il prendrait des mesures de rétorsion après l’annonce de frappes américaines ciblant un site souterrain près de Natanz. Plusieurs pays de la région, dont le Koweït, Bahreïn et la Jordanie, ont signalé avoir intercepté des drones et des missiles en provenance d’Iran. Ces événements ont provoqué une hausse du prix du pétrole, atteignant 94 dollars le baril.
Le négociateur en chef iranien a réaffirmé que toute guerre dans la région aurait des conséquences globales, soulignant que l’instabilité du détroit d’Ormuz, essentiel pour le transport maritime, ne pourrait revenir à un statu quo ante bellum. Parallèlement, le secrétaire d’État américain a indiqué que Washington restait ouvert à des négociations avec Téhéran, tout en doutant de la sincérité de l’Iran à cet égard.
Les tensions se propagent également vers la mer Rouge, où les Houthis, soutenus par l’Iran, menacent de bloquer le détroit de Bab al-Mandab, une voie maritime cruciale pour les exportations saoudiennes. Cette annonce a déjà entraîné le changement de route de deux pétroliers chargés de brut saoudien à destination de l’Asie, évitant ainsi la zone de conflit. Les risques de perturbation du trafic maritime international s’en trouvent accrus, alors que les hostilités dans la région ont déjà provoqué des fluctuations majeures des prix de l’énergie.
Un mémorandum d’entente signé en juin entre l’Iran et les États-Unis prévoyait un cessez-le-feu et la réouverture du détroit d’Ormuz, assortis d’un accord pour mettre fin à la guerre sous 60 jours. Cependant, trois semaines après sa signature, le président américain a déclaré le cessez-le-feu « terminé » après de nouvelles attaques iraniennes et des frappes de représailles américaines. Le conflit a déjà engendré des dépenses militaires estimées à près de 37,5 milliards de dollars pour les États-Unis, selon le secrétaire à la Défense, qui a alerté sur des réductions des programmes d’entraînement militaire en l’absence de financement supplémentaire.
Ces développements surviennent alors que les deux camps multiplient les gestes symboliques, comme la cérémonie de transfert des dépouilles de militaires américains tués dans la région, tandis que les autorités iraniennes réaffirment leur détermination à répondre aux provocations.