Le conflit yéménite connaît une intensification sans précédent avec une série d'attaques coordonnées menées par les Houthis contre des infrastructures stratégiques en Arabie saoudite. Ces opérations, utilisant des missiles balistiques, des missiles de croisière et des drones, ont provoqué des pertes humaines significatives et des perturbations majeures dans le secteur aérien et énergétique du royaume.
Une offensive inédite contre les infrastructures saoudiennes
Les Houthis ont revendiqué quatre opérations majeures en l'espace de 24 heures, ciblant directement l'aéroport international de Riyad, celui de Dammam, ainsi que des installations clés du géant pétrolier Aramco, notamment à Shugadam et Tanajib. L'attaque survenue samedi a été particulièrement meurtrière, causant la mort de treize personnes et faisant plus de 300 blessés, un bilan d'une ampleur inédite dans le royaume depuis 2015. Ces frappes ont entraîné une suspension du trafic aérien et des incendies sur les terminaux, forçant les autorités à évaluer les dommages matériels en pleine période de haute saison pour le pèlerinage de la Omra.
Réactions internationales et durcissement militaire
La coalition menée par Riyad a qualifié ces actes de « crime de guerre » et a promis une réponse ferme. La communauté internationale, incluant l'ONU, l'Union européenne, ainsi que plusieurs puissances mondiales, a condamné cette escalade, la jugeant dangereuse pour la stabilité régionale. De son côté, l'administration américaine a évoqué la possibilité d'un soutien militaire accru à l'Arabie saoudite, marquant un tournant potentiel dans l'implication des États-Unis dans ce dossier. Parallèlement, les Houthis ont émis des avertissements explicites aux compagnies aériennes, désignant les aéroports saoudiens comme des zones non sécurisées, à l'exception de ceux desservant les villes saintes.
Le détroit de Bab el-Mandeb au cœur des tensions
Sur le terrain yéménite, la situation reste volatile. En réponse aux attaques, la coalition saoudienne a intensifié ses opérations aériennes, menant plus de 120 frappes sur des positions houthies, notamment à Sanaa. L'enjeu stratégique demeure le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb, un passage maritime vital en mer Rouge. Malgré une contre-offensive des forces gouvernementales, les Houthis maintiennent leur présence sur l'île de Mayyoun, consolidant leur emprise sur ce point de passage crucial pour le commerce mondial, dans un contexte où les tensions maritimes s'étendent désormais à l'ensemble de la péninsule arabique.