La dégradation du pouvoir d'achat des ménages français s'installe durablement, avec une prévision de baisse de 0,4 % pour l'année 2026. Cette contraction, couplée à une inflation attendue à 2,9 % en fin d'année, contraint les citoyens à des arbitrages budgétaires drastiques, impactant directement la consommation intérieure et les perspectives de croissance nationale.
Des arbitrages budgétaires au quotidien
Le baromètre Cofidis révèle une fragilisation marquée des finances des ménages : 22 % des sondés se déclarent en difficulté financière, tandis que 39 % finissent chaque mois à découvert. Ce climat d'incertitude se traduit par des changements de comportements immédiats, visibles jusque dans la restauration où les formules simplifiées remplacent les menus complets. Les ménages estiment désormais avoir besoin d'un surplus de 512 euros par mois pour maintenir un niveau de vie jugé confortable, un besoin en hausse constante.
Le ralentissement de la consommation, moteur du PIB
L'Insee anticipe une progression de la consommation limitée à 0,3 % pour 2026, un chiffre préoccupant pour une économie dont elle constitue plus de la moitié du Produit intérieur brut. Cette tendance est illustrée par la chute de 6,6 % de la consommation de carburant en août. En conséquence, l'institution a révisé à la baisse ses prévisions de croissance à 0,4 %, plaçant le gouvernement dans une situation délicate pour l'élaboration du budget et la gestion du déficit public dans un contexte parlementaire fragmenté.
Incertitudes politiques et tensions sociales
L'approche de l'élection présidentielle accentue l'attentisme des consommateurs, qui privilégient l'épargne par crainte des futures orientations fiscales. Cette précarité croissante nourrit un climat de tension sociale, avec des appels à la mobilisation contre la vie chère prévus pour le 17 octobre. Si les partis de gauche ont exprimé leur soutien à ces mouvements, le Rassemblement national adopte une posture plus réservée, illustrant les clivages politiques face à une crise économique qui s'invite au cœur du débat électoral.