L’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo n’est toujours pas sous contrôle. Médecins Sans Frontières (MSF) signale que les unités de prise en charge de Butembo et de Katwa, dans le Nord‑Kivu, sont à pleine capacité, obligeant certains patients à quitter les structures sanitaires ou à être soignés dans des lieux inadaptés.
Saturation des centres de traitement à Butembo et Katwa
Les deux sites de soins, conçus pour accueillir un nombre limité de cas confirmés, affichent aujourd’hui un taux d’occupation supérieur à leurs capacités. Selon Stéphanie Hofmann, cheffe du projet Ebola de MSF à Butembo, « il n’y a pas assez de lits pour accueillir tous les cas confirmés ». Cette pénurie de places se traduit par une file d’attente de patients en attente d’admission, alors que le nombre de nouvelles confirmations reste stable, voire en légère hausse dans certaines zones du Nord‑Kivu.
Patients contraints de quitter les structures sanitaires
Face à l’engorgement, une partie des malades est redirigée vers des établissements qui ne sont pas spécifiquement équipés pour traiter l’Ebola, augmentant les risques de transmission nosocomiale. D’autres, faute d’alternative, retournent dans leurs communautés, exposant leurs proches à la maladie. MSF souligne que ce phénomène compromet les efforts de traçage des contacts et de confinement du virus, deux piliers de la stratégie de lutte contre l’épidémie.
Appel de MSF à un renforcement de l’aide humanitaire
Outre le manque de lits, l’organisation dénonce une insuffisance d’acteurs humanitaires sur le terrain et une mobilisation de ressources jugée trop faible pour répondre à l’ampleur du défi. « Nous manquons de personnel, de matériel de protection et de capacités logistiques », indique Hofmann. Elle appelle les bailleurs de fonds et les partenaires internationaux à accélérer le déploiement d’équipes supplémentaires et à financer la construction de nouvelles unités de traitement.
Évolution de la transmission entre Ituri et Nord‑Kivu
Si les autorités sanitaires rapportent un ralentissement de la transmission dans la province d’Ituri, le Nord‑Kivu reste le principal foyer d’infection. La persistance du virus dans cette région, combinée à la saturation des centres de soins, crée un scénario où chaque nouveau cas peut rapidement déboucher sur une chaîne de contagion difficile à maîtriser. La situation exige donc une réponse coordonnée, à la fois sur le plan médical et logistique, pour éviter une recrudescence généralisée.