Face à la multiplication des agressions visant leurs militants, l'African Democratic Congress (ADC), le Nigeria Democratic Congress (NDC) et le Peoples Democratic Party (PDP) ont formé un front commun à Enugu. Ces formations politiques alertent sur une dérive vers l'anarchie et somment les autorités fédérales de garantir la sécurité des acteurs de l'opposition dans l'État.
Une série d'agressions ciblées
Le point de rupture a été atteint samedi dernier, lors du retour du candidat du NDC au poste de gouverneur, Chinyeaka Ohaa, à l'aéroport international Akanu Ibiam. Selon les témoignages, le convoi a été bloqué et les partisans présents ont été violemment pris à partie, entraînant des blessures et la destruction de véhicules. Cette agression s'inscrit dans un climat de tension persistante : le candidat du NDC a rappelé qu'il y a quelques mois, huit de ses soutiens avaient déjà été grièvement blessés, dont une femme par balle et un homme ayant nécessité une intervention chirurgicale abdominale.
Un climat d'intimidation dénoncé
La coalition, rejointe par le PDP et l'ADC, dénonce une stratégie d'intimidation systématique. Ocho Obodoeze, candidat de l'ADC, a rapporté avoir lui-même subi des menaces de mort et des sabotages lors d'événements publics. Pour Uche Nnaji, candidat du PDP, ces violences sont inacceptables dans un cadre démocratique où la compétition doit reposer sur le bilan et les idées plutôt que sur la force. Les partis exigent désormais une enquête indépendante et une protection accrue pour mener leurs activités politiques sans crainte de représailles.
La réponse des autorités locales
De son côté, le gouvernement de l'État d'Enugu a formellement nié toute implication dans ces violences. Chidiebere Onyia, secrétaire du gouvernement, a qualifié l'incident de l'aéroport de différend administratif entre le NDC et l'Autorité aéroportuaire fédérale du Nigeria, arguant d'un défaut d'autorisation préalable. Une version des faits vigoureusement rejetée par le NDC, qui maintient que ces événements relèvent d'une volonté délibérée d'entraver le droit de réunion et la liberté d'expression politique dans la région.