La grève de deux semaines menée par les enseignants de l’Université des sciences et technologies d’Enugu (ESUT) a pris fin après un accord avec le gouvernement de l’État, qui s’engage à augmenter significativement son financement mensuel. Cet accord, salué comme historique pour le Sud-Est nigérian, prévoit aussi la mise en œuvre progressive de l’accord fédéral de 2025 et le règlement des arriérés de salaires. Les enseignants appellent désormais à une application rigoureuse des engagements pris.
Un financement triplé pour mettre fin à la crise
Le gouvernement de l’État d’Enugu a accepté d’augmenter la subvention mensuelle allouée à l’ESUT, passant de 161 millions à 276 millions de nairas (soit une hausse de 71%). Cette décision fait suite à une grève de deux semaines déclenchée le 14 août par l’ASUU-ESUT, qui dénonçait des arriérés de salaires, des primes impayées et des conditions de travail précaires. Le gouverneur Peter Mbah a également approuvé un versement immédiat de 115 millions de nairas supplémentaires pour renforcer la trésorerie de l’université.
Cet engagement financier s’accompagne d’un calendrier précis : la mise en œuvre progressive de l’accord fédéral de 2025, signé entre le gouvernement nigérian et l’ASUU, doit débuter le 1er septembre 2025 et s’achever le 23 janvier 2027. Les enseignants espèrent que cette augmentation des fonds permettra de régler les problèmes de salaires et de welfare, tout en évitant de nouvelles perturbations académiques.
Un accord sous haute surveillance
L’ASUU-ESUT a suspendu sa grève après validation de l’accord par le Conseil exécutif national (NEC) de l’ASUU, mais a conditionné cette trêve à une application stricte des termes. Un mécanisme de suivi sera mis en place pour garantir le respect des échéances et des obligations financières. Une commission mixte, présidée par le secrétaire général de l’État, Chidiebere Onyia, sera chargée de superviser la mise en œuvre des différentes composantes de l’accord.
Parmi les mesures phares figurent le règlement des arriérés d’allocations académiques et d’autres créances salariales, ainsi que des garanties contre les représailles envers les membres du syndicat. L’État a également interdit à la direction de l’ESUT de sanctionner les enseignants pour leur participation à la grève, une décision saluée par l’ASUU-ESUT comme un alignement sur les principes démocratiques.
Un précédent pour le Sud-Est nigérian ?
L’ASUU-ESUT qualifie cet accord de « historique » pour la région, soulignant qu’Enugu devient le premier État du Sud-Est à s’engager pleinement dans la mise en œuvre de l’accord fédéral de 2025. Cette avancée contraste avec les retards observés lors de l’adoption du Consolidated University Academic Salary Structure, où le Sud-Est avait été le dernier à se conformer. Les enseignants estiment que ce modèle pourrait servir de référence pour d’autres États de la zone en matière de dialogue social et de gestion des conflits universitaires.
Alors que les cours doivent reprendre immédiatement, l’ASUU-ESUT appelle toutes les parties à respecter scrupuleusement les engagements pris. « Le ballon est désormais dans le camp des autorités », a déclaré le syndicat, insistant sur la nécessité d’une application sans délai ni déviation. Une réunion de suivi sera organisée ultérieurement pour évaluer l’avancement des mesures convenues.