L'ancien ministre nigérian de l'Innovation, de la Science et de la Technologie, Uche Nnaji, a été officiellement autorisé par la Commission électorale nationale indépendante (INEC) à concourir pour le poste de gouverneur de l'État d'Enugu en 2027. Cette validation intervient alors que l'intéressé fait face à des poursuites judiciaires pour falsification de diplômes et blanchiment d'argent.
Un changement stratégique dans le dossier de candidature
Pour cette échéance électorale, Uche Nnaji a opéré une modification notable dans les documents transmis à l'autorité électorale. Alors qu'il avait précédemment affirmé détenir un diplôme de l'Université du Nigeria, Nsukka (UNN) — document qui lui avait servi lors de sa confirmation ministérielle en 2023 — il a cette fois omis ce titre académique. Il a choisi de ne présenter que son certificat du West African Examination Council (WAEC) comme preuve de qualification éducative, une décision qui soulève des interrogations sur la véracité de ses déclarations antérieures.
Le poids des preuves universitaires et judiciaires
La crédibilité académique de M. Nnaji a été sévèrement entachée par une enquête révélant que le diplôme de l'UNN et le certificat du Service national de la jeunesse (NYSC) qu'il avait soumis en 2023 étaient des faux. L'Université du Nigeria a formellement confirmé que, bien qu'admis en 1981, le candidat n'avait jamais obtenu de diplôme. Parallèlement, une commission d'enquête du ministère de l'Éducation a corroboré ces accusations de fraude, menant à l'ouverture d'une procédure pénale par la Commission indépendante des pratiques de corruption (ICPC).
Arrestation et enjeux de l'immunité politique
Arrêté en juillet dernier à l'aéroport d'Abuja après avoir ignoré plusieurs convocations, Uche Nnaji a été inculpé pour faux et blanchiment d'argent. Il a plaidé non coupable et a été libéré sous caution. Le procès, qui se poursuit devant la Haute Cour fédérale, se déroule dans un climat politique tendu. Des observateurs notent que cette candidature sous la bannière du Parti démocratique populaire (PDP) pourrait être perçue comme une tentative de s'assurer une immunité judiciaire, alors que le candidat fait face à des charges pénales lourdes. La justice a récemment autorisé l'ex-ministre à se rendre à l'étranger pour des raisons médicales, tandis que le calendrier judiciaire prévoit la poursuite des audiences dans les prochains mois.