La rentrée universitaire 2026-2027 s'annonce sous haute tension au Maroc, marquée par une fronde syndicale persistante au sein de l'enseignement supérieur. Face à ce qu'ils qualifient de gestion unilatérale du ministère de tutelle, les syndicats, dont le SNTES et la CDT, multiplient les appels à la mobilisation pour exiger des avancées concrètes sur leurs dossiers professionnels et sociaux.
Le blocage persistant du dialogue sectoriel
Le climat social est alourdi par l'enlisement des négociations. Les organisations syndicales dénoncent une absence de résultats tangibles malgré les réunions de dialogue sectoriel. Le SNTES pointe du doigt une méthode de gouvernance ministérielle jugée opaque, marquée par des reports successifs et des décisions prises sans concertation réelle. Cette situation fait suite à un été déjà agité, durant lequel la CDT avait déjà brandi la menace d'un boycott de la rentrée pour protester contre le retard pris dans le traitement des revendications du secteur.
Statut des personnels et revalorisations salariales
Au cœur des crispations figure le nouveau statut des personnels, un texte crucial dont la publication se fait attendre. Les syndicats réclament un cadre juste et équitable pour les travailleurs administratifs et techniques. Parallèlement, la question salariale demeure un point de friction majeur : le SNTES exige l'application immédiate du décret actant une hausse de 1 000 dirhams, promise pour juillet 2026, tandis que la CDT insiste sur le respect des engagements financiers antérieurs, incluant des effets rétroactifs au 1er janvier 2026.
Précarité et gestion déléguée des services
Le champ des revendications s'est élargi à la gestion des établissements. Le recours croissant à la sous-traitance pour des services essentiels — restauration, sécurité, entretien et logement — est vivement critiqué. Le syndicat alerte sur la précarisation des emplois induite par ce modèle et demande une évaluation rigoureuse de ses impacts sociaux. À cela s'ajoutent des critiques sur la transparence des procédures administratives, l'organisation des examens professionnels et les frais imposés aux personnels souhaitant poursuivre des études en temps aménagé, perçus comme une entrave à la formation continue.
Vers une escalade des mouvements sociaux
La perspective d'une rentrée apaisée semble s'éloigner. Le SNTES a officiellement appelé ses membres à renforcer la mobilisation, annonçant la préparation de nouvelles étapes d'escalade dont les modalités seront précisées prochainement. Pour les organisations syndicales, la réforme du secteur ne peut se faire sans une implication réelle des partenaires sociaux, plaçant la défense des droits acquis et la valorisation de l'université publique comme conditions préalables à tout progrès.