Paula McGowan, mère d’un adolescent décédé en 2016, a découvert que plusieurs membres du Bristol NHS Foundation Trust auraient consulté les dossiers médicaux de son fils sans autorisation, relançant une enquête interne et une saisine de l’Information Commissioner’s Office.
Décès d’Oliver McGowan et premières inquiétudes
Oliver McGowan, 18 ans, était atteint d’autisme, d’une déficience d’apprentissage légère et d’épilepsie. En 2016, il est décédé à l’hôpital Southmead de Bristol après avoir reçu un traitement antipsychotique que sa famille avait explicitement demandé d’éviter. Sa mort a fait l’objet d’une enquête coronale et de procédures judiciaires, soulignant déjà la sensibilité des informations médicales le concernant.
Accès suspect aux dossiers médicaux après le décès
Après avoir sollicité les archives de son fils, Paula McGowan a appris que 38 personnes avaient consulté les dossiers d’Oliver depuis son décès, totalisant 637 consultations et 67 impressions. Si la majorité de ces accès était liée à des plaintes, à des procédures légales ou à l’enquête coronale, trois infirmières, qui n’étaient pas impliquées dans les soins d’Oliver, sont actuellement sous enquête formelle pour absence de justification professionnelle. Un médecin, qui ne travaille plus pour le trust, s’est auto‑déclaré auprès du General Medical Council, tandis qu’un autre membre du personnel fait l’objet d’une revue séparée. Le trust examine également 13 cas supplémentaires impliquant d’anciens employés afin de déterminer la légitimité de leurs consultations.
Réaction du Bristol NHS Foundation Trust et mesures prises
Le Bristol NHS Foundation Trust a présenté ses excuses, qualifiant la situation de source de stress et d’anxiété pour la famille. Il a volontairement signalé le fait à l’Information Commissioner’s Office et a lancé une « enquête approfondie » dont les conclusions seront communiquées une fois les investigations terminées. Le responsable du trust, le Professeur Steve Hams, a rappelé que chaque patient a le droit d’attendre que ses informations soient traitées avec soin, respect et confidentialité, et a assuré que toute faute avérée entraînera des sanctions appropriées.
Contexte plus large : violations de données dans le NHS
Ce cas s’inscrit dans une série de révélations concernant l’accès non autorisé aux dossiers patients au sein du NHS. Selon une enquête du Health Services Journal, au moins 214 employés ont perdu leur emploi et près de 2 000 ont été sanctionnés pour avoir fouillé des données sensibles au cours des cinq dernières années. En juillet, le directeur de NHS England, Sir Jim Mackey, a lancé un avertissement sévère, rappelant que les contrevenants risquent le licenciement voire des poursuites pénales. Ces mesures visent à restaurer la confiance du public dans un système où les dossiers médicaux, contenant des résultats d’examens, des prescriptions et des évaluations de risque, sont accessibles uniquement sur justification professionnelle et via des systèmes dotés de traçabilité.