À quelques mois du scrutin de 2027, les professeurs expriment une inquiétude majeure : la crainte d’un déclassement de leur statut. Selon le sociologue Laurent Frajerman, cette appréhension les pousse à rester majoritairement alignés avec la gauche, malgré les tentatives de rapprochement du RN.
Le sentiment de déclassement comme moteur politique
Les enseignants perçoivent une détérioration de leurs conditions de travail, notamment en termes de rémunération et de reconnaissance professionnelle. Cette perception alimente un sentiment de déclassement qui, d’après Frajerman, devient le critère principal de leurs choix électoraux. Le risque d’une politique éducative jugée hostile renforce leur préférence pour les partis qui promettent des réformes favorables à la fonction publique.
Historique du vote enseignant : une tendance à gauche persistante
Les études menées par le Centre de recherche sur les liens sociaux (Cerlis) montrent que, lors des précédentes élections, les professeurs ont largement soutenu les formations de centre-gauche. Même face à la montée du Rassemblement national, le vote enseignant n’a pas basculé à droite, contredisant l’idée d’une « droitisation » de la profession. Cette stabilité s’explique par la proximité idéologique entre les revendications syndicales et les programmes de la gauche.
Les partis en lice face à l’électorat enseignant
Les candidats du centre-droit et du centre-gauche cherchent à capter le soutien des enseignants en promettant des mesures concrètes : revalorisation des salaires, amélioration des conditions de travail et investissement dans les infrastructures scolaires. Le RN, quant à lui, tente de se positionner comme une alternative en dénonçant la « bureaucratie » et en proposant des réformes structurelles, mais peine à convaincre une majorité d’enseignants qui restent méfiants vis-à-vis de ses propositions.
Enjeux pour la présidentielle de 2027
Si les professeurs continuent à privilégier la gauche, les partis de droite devront repenser leurs stratégies pour ne pas perdre cet électorat clé. Le déclassement perçu pourrait devenir un levier d’influence majeur, poussant les programmes à intégrer davantage de mesures éducatives. La capacité des candidats à répondre aux attentes des enseignants pourrait ainsi jouer un rôle décisif dans le résultat final du scrutin.