À quelques semaines des élections générales du 13 septembre, la campagne d'affichage des Démocrates de Suède (SD) dans les espaces publics, notamment la gare centrale de Stockholm, ravive les tensions sociales. Ce déploiement massif de slogans hostiles aux immigrés marque une étape supplémentaire dans la stratégie de provocation du parti, tout en illustrant la normalisation croissante de cette formation politique au sein de l'échiquier institutionnel suédois.
Une offensive publicitaire controversée
Le parti a investi environ 100 000 dollars pour saturer la gare centrale de Stockholm de messages ciblant directement les immigrés, les accusant de vivre des aides sociales ou de ne pas s'intégrer. Parallèlement, une campagne sur les réseaux de transport en commun dans l'ouest du pays a suscité une vive opposition, notamment de la part de chauffeurs de bus d'origine somalienne. Ces derniers ont protesté contre des publicités incitant au retour volontaire vers la Somalie, une mesure appuyée par une augmentation substantielle de la prime au retour, portée à environ 36 000 dollars par adulte par le gouvernement actuel.
La normalisation politique en question
Longtemps tenus à l'écart, les Démocrates de Suède ont progressivement intégré le jeu politique traditionnel. Depuis la signature de l'accord de « Tido » en 2022, qui a scellé une coalition de droite, le parti est devenu un acteur incontournable. Un tournant symbolique a été franchi en mai 2026, lorsque la ministre de l'Éducation et de l'Intégration, Simona Mohamsson, a ouvert la porte à une participation directe des SD au gouvernement, une décision illustrée par une poignée de main publique avec le leader du parti, Jimmie Akesson, qui a profondément marqué l'opinion.
Réactions citoyennes et climat social
Sur le terrain, cette rhétorique provoque un sentiment d'exclusion chez de nombreux citoyens issus de l'immigration, qui perçoivent une injonction à une assimilation totale ou au départ. Toutefois, cette stratégie de provocation semble atteindre ses limites. Certains observateurs notent que le focus obsessionnel sur l'immigration, couplé à des scandales récents liés à des politiques de déportation jugées inhumaines, pourrait peser sur l'électorat. Les sondages de fin août indiquent d'ailleurs un léger recul du parti, passant de 20,5 % en 2022 à environ 18-19 %, suggérant que la société suédoise, malgré la polarisation, reste divisée face à ces discours radicaux.