L'AfD s'est hissée dimanche au premier rang des élections régionales en Saxe-Anhalt avec un score historique dépassant les 30%, selon les estimations de l'audiovisuel public allemand. Un résultat qui constitue un revers cinglant pour le chancelier conservateur Friedrich Merz et confirme la montée en puissance de l'extrême droite dans les territoires de l'ex-RDA.
Un record sans précédent dans un Land de l'ex-RDA
Avec ce résultat, l'AfD réalise sa meilleure performance lors d'une législative régionale depuis sa création. La Saxe-Anhalt, Territory de l'ancienne Allemagne de l'Est, témoigne d'une nouvelle fracture entre l'est et l'ouest du pays. Les difficultés économiques persistantes et le ressentiment face à la classe politique traditionnelle ont nourri ce vote de contestation.
La question de l'accession au pouvoir
Malgré ce score historique, l'AfD ne dispose pas encore de la majorité absolue pour gouverner seule. Le parti d'ultradroite doit désormais attendre de connaître son résultat exact pour déterminer s'il peut prétendre à la direction du Land. La question de la gouvernance reste entière : les autres formations politiques ont systématiquement exclu toute coalition avec l'AfD, rendant la formation d'un gouvernement régional ardue.
Des réactions politiques alarmées
Du côté de l'AfD, Ulrich Siegmund, candidat du parti, s'est félicité de ce résultat en déclarant que « le peuple a montré qu'il veut enfin un changement de politique ». À l'opposé, Charles Rodwell, deputé européen, a confie être « terrifié » par ce score, tandis que Mathilde Panot, représentante de La France insoumise, a qualifie le résultat de « terrible ». Henri Guaino, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, a parle d'un « coup de tonnerre pour toute l'Europe ».
Un signal pour la scène politique européenne
Jordan Bardella a également commenté ce scrutin, soulignant l'importance de ce resultat dans le contexte continental. François Piquemal, deputé LFI, a juge que la présence de l'AfD « aux portes du pouvoir » representait un element « dommageable ». Ce scrutin confirme une tendance à l'œuvre dans plusieurs democracies européennes : la progression constante des partis d'extrème droite dans les consultations electorates, qu'il s'agisse de scrutins nationaux ou régionaux.