Au centième jour de l’épidémie d’Ebola en RDC, les violences contre les humanitaires transforment une crise sanitaire en catastrophe humanitaire. Depuis le début de l’épidémie, onze incidents violents ont été recensés contre les volontaires de la Croix-Rouge, dont neuf blessés, des ambulances vandalisées et du matériel détruit. Ces attaques, qui s’ajoutent aux agressions contre les structures de santé, risquent de paralyser la riposte alors que le virus a déjà causé plus de 2 600 morts.
Des volontaires pris pour cible alors que le virus progresse
Les attaques contre les équipes de la Croix-Rouge se multiplient dans les provinces du Nord-Kivu, du Haut-Uélé et de l’Ituri, où l’épidémie d’Ebola sévit depuis cent jours. À Beni, trois volontaires ont été agressés le 19 août, tandis qu’à Malikuti, dans le Haut-Uélé, deux autres ont été blessés lors d’un enterrement sécurisé. Leurs véhicules ont également été endommagés. Ces incidents surviennent alors que le taux de létalité de la maladie atteint 48 %, l’un des plus élevés jamais enregistrés en RDC.
Le matériel de riposte en ligne de mire
Les violences ne se limitent pas aux agressions physiques : des ambulances ont été incendiées, du matériel médical saccagé et des convois humanitaires caillassés. À Aru, en Ituri, trois ambulances de la Croix-Rouge ougandaise ont été vandalisées le 17 août, aggravant les difficultés logistiques d’une réponse déjà fragilisée. Ces destructions compliquent l’acheminement des soins et des équipements de protection, essentiels pour contenir la propagation du virus.
Une épidémie qui échappe à tout contrôle
Avec 5 458 cas confirmés et un bilan de 2 606 morts, cette épidémie est la plus meurtrière en RDC depuis cinquante ans. Le Mouvement international de la Croix-Rouge alerte : chaque attaque contre ses équipes ou son matériel retarde la lutte contre Ebola, déjà entravée par la méfiance des populations et l’insécurité chronique dans les zones touchées. Sans une protection renforcée des humanitaires, la situation pourrait basculer dans une phase encore plus critique.