En RDC, le projet de dialogue national de Félix Tshisekedi se heurte à une vive contestation de l'opposition

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 67 lectures
En RDC, le projet de dialogue national de Félix Tshisekedi se heurte à une vive contestation de l'opposition

Le processus de dialogue national initié par le président Félix Tshisekedi, prévu pour durer trois mois, cristallise les tensions politiques en République démocratique du Congo. Alors que le pouvoir cherche à instaurer des consultations à travers les 26 provinces du pays, une partie significative de l'opposition rejette la méthode, exigeant une refonte totale des règles du jeu.

La fronde de la Coalition Article 64

La Coalition Article 64 (C64), qui intègre notamment le parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, a exprimé un refus catégorique de participer aux consultations provinciales. Pour ses membres, cette initiative présidentielle est perçue comme une manœuvre visant à préparer une révision constitutionnelle en vue d'un troisième mandat. Christian Mwando, chef de groupe à l'Assemblée nationale, a qualifié le projet de « vaste kermesse », tandis que la coalition maintient sa mobilisation prévue pour le 15 septembre, estimant que le format proposé ne répond pas aux exigences d'un dialogue inclusif.

Un désaccord sur la gouvernance du processus

Au-delà de la C64, le scepticisme gagne d'autres franges de l'opposition, dont le PPRD de l'ancien président Joseph Kabila. Les critiques portent principalement sur le contrôle total exercé par l'institution présidentielle sur l'organisation, le calendrier et l'arbitrage des débats. Des figures politiques comme Franck Diongo dénoncent une situation où le pouvoir cumule les rôles de partie prenante et d'organisateur. L'opposition exige désormais que le cadre du dialogue soit préalablement négocié et assorti de garanties mutuelles, condition sine qua non pour assurer la crédibilité des échanges.

Le défi de l'inclusion et de la sécurité

La question de la participation des groupes armés, notamment l'AFC/M23, demeure un point de blocage majeur. Si le conseiller américain Massad Boulos souligne qu'un dialogue constructif pourrait favoriser la paix, la réalité du terrain impose des limites : le mouvement M23 ne peut être intégré politiquement tant que les hostilités se poursuivent. Les experts s'accordent à dire que le dialogue national, tel qu'il est structuré, ne suffira pas à résoudre les conflits armés, dont le traitement reste lié à des processus diplomatiques distincts, comme celui de Doha. Les prochaines ordonnances présidentielles, qui doivent définir la composition du comité d'organisation, seront déterminantes pour évaluer si le pouvoir accepte d'assouplir sa position.

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