En RDC, le choléra tue plus que l’Ebola en 2026 : l’OMS sonne l’alarme sur une crise sanitaire négligée

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 20 lectures
En RDC, le choléra tue plus que l’Ebola en 2026 : l’OMS sonne l’alarme sur une crise sanitaire négligée

Alors que l’épidémie d’Ebola capte l’attention internationale, la République démocratique du Congo (RDC) fait face à une crise sanitaire bien plus meurtrière : le choléra. Depuis le début de l’année 2026, près de 39 500 cas suspects et 1 173 décès ont été recensés, avec une létalité alarmante dans les provinces habituellement épargnées par la maladie. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et Médecins sans frontières (MSF) tirent la sonnette d’alarme sur les lacunes de la prise en charge et le risque de voir d’autres urgences sanitaires marginalisées.

Une épidémie qui dépasse l’Ebola en termes de mortalité

Avec un bilan provisoire de 1 173 morts pour près de 40 000 cas suspects, la flambée de choléra en RDC affiche un taux de létalité bien supérieur à celui de l’épidémie d’Ebola, pourtant plus médiatisée. Les provinces touchées pour la première fois, comme le Kasaï ou le Tanganyika, enregistrent des taux de mortalité particulièrement élevés, signe d’un système de santé local sous-équipé pour faire face à une telle crise. Les autorités sanitaires locales et les partenaires internationaux s’inquiètent de la propagation rapide du vibrion cholérique, favorisée par des conditions d’hygiène précaires et des infrastructures sanitaires défaillantes.

Des faiblesses structurelles qui aggravent la crise

L’OMS et MSF pointent du doigt plusieurs défaillances critiques : manque de centres de traitement dédiés, pénurie de kits de réhydratation orale, et difficultés logistiques pour acheminer les médicaments dans les zones reculées. « Les ressources sont concentrées sur Ebola, alors que le choléra tue davantage », souligne un responsable de MSF sous couvert d’anonymat. Les équipes sur le terrain rapportent également un épuisement des personnels soignants, déjà mobilisés sur plusieurs fronts sanitaires, et une méfiance croissante des populations envers les structures médicales, perçues comme inefficaces ou corrompues.

Le risque d’un effet domino sur les autres urgences sanitaires

La priorisation de la réponse à Ebola, bien que légitime, pourrait avoir des conséquences dramatiques : retards dans la vaccination contre la rougeole, interruption des programmes de lutte contre le paludisme, ou encore négligence des cas de malnutrition aiguë chez les enfants. « Quand une crise éclate, les autres maladies ne disparaissent pas », rappelle un expert de l’OMS. Les provinces les plus touchées par le choléra sont aussi celles où les indicateurs de santé de base étaient déjà parmi les plus faibles du pays, aggravant un cercle vicieux de pauvreté et de vulnérabilité sanitaire.

Une réponse internationale en demi-teinte

Si l’OMS a débloqué des fonds d’urgence et que MSF a renforcé ses équipes mobiles, les besoins restent colossaux. Les appels à l’aide lancés par Kinshasa peinent à mobiliser suffisamment de financements, dans un contexte où les bailleurs de fonds privilégient souvent les crises à forte visibilité médiatique. Les spécialistes estiment qu’une intervention rapide et ciblée, combinant accès à l’eau potable, campagnes de sensibilisation et renforcement des structures de santé, pourrait encore inverser la tendance. Mais le temps presse : chaque jour de retard se traduit par des centaines de nouveaux cas et des dizaines de morts évitables.

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