À l'approche des élections d'octobre, le bloc du Premier ministre Benjamin Netanyahu, en difficulté dans les sondages, voit ses ministres d'extrême droite transformer les mécanismes de l'occupation en arguments de campagne. Cette stratégie ne se limite plus à des discours, mais se traduit par une accélération concrète des saisies de terres, des démolitions et des opérations militaires, tant en Cisjordanie qu'à Gaza.
Une surenchère électorale par l'image et la force
Les ministres des Finances, Bezalel Smotrich, et de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, ont multiplié les contenus numériques provocateurs, utilisant notamment l'intelligence artificielle pour illustrer leurs promesses de durcissement sécuritaire. Au-delà de la communication, ces postures s'alignent sur des actions de terrain : saisie d'infrastructures de l'UNRWA à Jérusalem-Est et pressions accrues pour une réoccupation terrestre de Gaza après le scrutin. Cette rhétorique s'accompagne d'une multiplication des avant-postes illégaux et d'une intensification des évictions forcées.
L'élargissement des cibles militaires à Gaza
Après une période marquée par des frappes ciblées, les opérations militaires à Gaza ont repris une ampleur indiscriminée. Entre le 28 et le 31 août, des frappes ont touché des agriculteurs, des livreurs et des enfants, portant le bilan humain à plus de 73 456 morts depuis octobre 2023. Le système hospitalier, déjà exsangue, subit également des dommages directs : l'hôpital des martyrs d'al-Aqsa a vu son entrepôt de médicaments frappé, entraînant une pénurie critique de traitements oncologiques.
L'emprise croissante des colons en Cisjordanie
En Cisjordanie, la violence des colons, souvent soutenue ou facilitée par les forces armées, s'est intensifiée. Des villages comme al-Mughayyir et Qusra font l'objet de raids conjoints entre soldats et colons, incluant des saisies de biens et des tirs sur des civils. Parallèlement, l'administration israélienne accélère la confiscation de terres sous couvert de « zones de sécurité », avec 46 ordres de ce type émis depuis octobre 2023. Selon l'ONG Peace Now, plus de 100 km² sont désormais sous contrôle des colons dans les zones A et B, tandis que les démolitions de maisons palestiniennes se poursuivent à un rythme soutenu, avec 80 opérations recensées pour le seul mois de juillet.
Une perspective militaire préoccupante
Le commandement militaire israélien envisagerait désormais comme « inévitable » une opération terrestre visant à réoccuper Gaza City. Ce plan, qui prévoit l'évacuation des résidents vers de nouvelles zones dites humanitaires, illustre la volonté de durcir durablement la gestion du territoire, en dépit des critiques internationales sur la situation humanitaire où 58 % de la population vit dans des conditions jugées critiques ou catastrophiques.