En Ituri, la lutte contre Ebola se heurte à une résistance tenace des populations : 42 corps non testés en un mois, privant les autorités sanitaires d’informations cruciales pour endiguer l’épidémie.
Des décès invisibles, un bilan incomplet
Sur les sept derniers jours du mois d’août, plus de 70 % des décès enregistrés en Ituri sont survenus dans des communautés où les familles refusent systématiquement les prélèvements post-mortem. Sans ces tests, impossible de confirmer ou d’infirmer la présence du virus, ni d’identifier les personnes potentiellement exposées. Un rapport interne daté du 1er septembre révèle que 42 corps n’ont pas pu être analysés, creusant un angle mort dans le suivi de l’épidémie.
L’Ituri, épicentre d’une épidémie qui persiste
La province de l’Ituri, déjà fragilisée par des années de conflits et de déplacements forcés, reste l’un des foyers les plus actifs de l’épidémie d’Ebola en RDC. Les équipes sanitaires, confrontées à des réticences croissantes, peinent à convaincre les communautés de l’importance des tests. Pourtant, ces prélèvements sont indispensables pour tracer les chaînes de transmission et adapter les mesures de prévention.
Un cercle vicieux entre méfiance et propagation
Les refus répétés des tests s’inscrivent dans un contexte de méfiance envers les autorités sanitaires, alimentée par des rumeurs persistantes et des expériences traumatisantes. Les familles, craignant la stigmatisation ou des pratiques funéraires non respectueuses, préfèrent souvent dissimuler les décès. Résultat : le virus continue de circuler sous le radar, prolongeant une crise sanitaire qui a déjà fait des milliers de victimes depuis 2018.
Que faire face à l’invisibilité des cas ?
Pour briser ce cycle, les autorités sanitaires misent sur des stratégies de proximité : sensibilisation ciblée, implication des leaders locaux et adaptation des protocoles funéraires. Une approche qui demande du temps, mais dont l’urgence est désormais criante. Sans une meilleure collaboration des communautés, l’épidémie d’Ebola en Ituri pourrait encore s’étendre, avec des conséquences dévastatrices pour une région déjà exsangue.