La province de l'Ituri, en République démocratique du Congo, fait face à une résistance communautaire persistante qui entrave les efforts de lutte contre le virus Ebola. Malgré les interventions des autorités sanitaires, la persistance de décès communautaires dans plusieurs zones fragilise le contrôle de la propagation de l'épidémie, dont le bilan humain dépasse désormais les 2 700 victimes.
Une géographie de la résistance sanitaire
La situation épidémiologique révèle un contraste marqué au sein de la province. Si les quartiers ayant adopté les mesures de prévention observent une décrue des contaminations, d'autres secteurs demeurent des foyers de blocage. Les autorités sanitaires identifient particulièrement les quartiers de Ndibe, Simbilyabo et une partie de Lembabo comme des zones où le déni de la maladie ou le refus de coopération avec les équipes de riposte restent prégnants. Cette réticence s'étend également aux localités périphériques de Miala, Centrale Soleniama, Nizi et Iga-Barrière, situées à une dizaine de kilomètres au nord de Bunia.
L'implication des leaders coutumiers comme levier
Face à ce défi, la stratégie de riposte évolue vers une approche plus ancrée dans le tissu social local. Les autorités sanitaires misent désormais sur l'implication directe des chefs coutumiers pour briser les chaînes de transmission. Une avancée notable a été enregistrée jeudi dernier dans la chefferie de Baboa Bokoe, où huit chefs de groupement ont formellement signé un acte d'engagement en faveur des mesures de lutte contre Ebola. Cette démarche vise à légitimer les interventions médicales auprès des populations les plus sceptiques.
Mobilisation des organisations locales
Au-delà des autorités traditionnelles, la société civile est mise à contribution pour relayer les messages de prévention. À Miala, des organisations féminines ont pris l'initiative de mener des campagnes de sensibilisation de proximité pour expliquer les protocoles sanitaires. L'objectif des autorités est de généraliser cette dynamique de mobilisation à l'ensemble des zones touchées. Le succès de la riposte dépend désormais de la capacité des acteurs locaux à transformer ces engagements en changements de comportements concrets, afin de stopper les décès communautaires qui continuent d'alimenter la propagation du virus.