Face au retrait progressif des opérateurs privés dans les zones isolées, une quinzaine de communes italiennes ont fait le choix de reprendre la gestion directe de leurs stations-service. Ce modèle, qui transforme une infrastructure commerciale en un service public de proximité, permet non seulement de lutter contre le désert énergétique, mais aussi de proposer des tarifs nettement plus compétitifs aux habitants.
Un levier contre le dépeuplement
Pour les élus locaux, cette initiative dépasse la simple question logistique. Dans des villages comme Valle Castellana ou Costa Valle Imagna, la fermeture des pompes privées menaçait d'isoler davantage les populations, obligeant les résidents à parcourir des dizaines de kilomètres pour se ravitailler. En reprenant ces stations, les maires assurent une mission de service public comparable à celle d'un bureau de poste, jugée indispensable pour freiner l'exode rural et soutenir l'activité économique locale.
La stratégie des appels d'offres publics
La viabilité économique de ces stations municipales repose sur une gestion rigoureuse des marges, réduites au strict nécessaire pour couvrir les frais de fonctionnement. L'avantage concurrentiel provient principalement de la mutualisation des achats : les mairies intègrent leurs besoins en carburant pour les services municipaux et les casernes dans des appels d'offres à prix modéré. Cette stratégie permet d'afficher des tarifs à la pompe inférieurs à la moyenne régionale, attirant ainsi une clientèle plus large, incluant touristes et usagers de passage.
Un modèle économique en croissance
Loin d'être un gouffre financier, cette gestion publique s'avère être un succès opérationnel. À Valle Castellana, le chiffre d'affaires annuel de la station a bondi de 75 000 à 600 000 euros, illustrant l'attractivité de ces points de vente pour les automobilistes en quête de prix réduits. Ce dynamisme local s'inscrit dans un contexte national où le gouvernement italien multiplie les interventions, notamment par le prolongement de la baisse des taxes sur le diesel, une mesure budgétaire massive ayant déjà mobilisé plus de 2,5 milliards d'euros pour soutenir le pouvoir d'achat des citoyens.