Un ancien député de l’État d’Imo, Rufus Omeire, rejette les revendications de zoning pour le siège fédéral d’Ideato et soutient la candidature d’Ikenga Ugochinyere pour un second mandat en 2027. Cette prise de position, qui s’appuie sur l’absence de cadre formel de rotation entre les zones, met en lumière les tensions persistantes autour des mécanismes de représentation politique dans la région.
Un siège sans zoning formel, mais marqué par une alternance historique
Rufus Omeire, candidat sénatorial du parti APP pour Imo West, conteste l’idée selon laquelle le siège fédéral d’Ideato Nord/Sud serait soumis à un système de zoning entre les deux zones administratives. Pour lui, Ugochinyere, actuel député et président de la commission pétrolière de la Chambre des représentants, n’est pas le produit d’une rotation géographique, mais d’un choix populaire. « Il n’est pas un produit du zoning, mais de la décision de nos électeurs d’élire un messager en qui ils ont confiance, même lorsqu’il était en exil », déclare-t-il.
Omeire rappelle que le siège n’a jamais fonctionné selon un arrangement formel de zoning, citant notamment la victoire d’Ugochinyere en 2023 face à l’ancien député Paschal Obi, originaire d’Ideato Sud. « Son principal challenger, l’ancien député, était de la même zone, et jusqu’à la cour, Ikenga l’a battu », souligne-t-il. Cette élection, validée par la Cour d’appel après un recours infructueux, renforce l’argument selon lequel les électeurs privilégient la performance à la géographie.
Performance et développement : les arguments en faveur d’Ugochinyere
Omeire défend le bilan d’Ugochinyere, mettant en avant son rôle dans l’obtention de 26 milliards de nairas pour la construction du pont d’Ideato, un financement initialement approuvé par le président Bola Tinubu avant que l’État d’Imo ne s’empare du projet. « Jusqu’à ce qu’ils commencent et terminent la route Amanator-Isiekenesi-Dikenafai, personne ne pourra dire qu’ils ont fait quoi que ce soit pour nous », lance-t-il, critiquant l’inaction du gouvernement local.
L’ancien député, originaire d’Ideato Sud, met en garde contre les risques d’une rotation systématique des représentants après un seul mandat, qui, selon lui, « sabote toute continuité et développement ». Il appelle à maintenir Ugochinyere, qu’il présente comme un « messager » capable de hisser l’Ideato au cœur de la politique nationale et internationale. « Nous avons enfin trouvé la bonne personne, qu’il continue son excellent travail », plaide-t-il.
Un débat qui dépasse les clivages locaux
Le rejet du zoning par Omeire s’inscrit dans un contexte plus large de contestation des mécanismes de rotation politique au Nigeria. Bien qu’aucun texte ne formalise un zoning pour ce siège, l’histoire électorale d’Ideato montre une alternance informelle entre les deux zones administratives. Entre 1999 et 2019, le siège a été occupé par des représentants d’Ideato Nord (1999-2007), puis d’Ideato Sud (2007-2011), avant de revenir à Ideato Nord (2011-2019) et à nouveau à Ideato Sud (2019-2023).
En 2026, un groupe politique d’Ideato Sud a officiellement soutenu la candidature d’Ugochinyere pour un second mandat, arguant que la qualité de la représentation ne devait pas être sacrifiée au nom d’un zoning non écrit. Cette position, qui s’oppose aux revendications de certains acteurs locaux, illustre les divisions autour des règles informelles qui structurent encore la vie politique nigériane.
Une campagne qui s’annonce tendue
Omeire n’hésite pas à qualifier les critiques contre Ugochinyere de « clowns de bord de route », dénonçant une « attaque de maternelle » contre le député. Il accuse ses détracteurs de chercher à prolonger indûment leur mandat, déjà expiré, et appelle à abandonner une agitation qu’il juge « inutile et créatrice de tensions ». Cette rhétorique musclée laisse présager une campagne électorale 2027 marquée par des affrontements politiques dans la région.