Le Syndicat national de l’enseignement Franco-arabe de Guinée (SNEFAG) a profité de la seconde édition de l’événement « Les Étoiles du Franco-Arabe » pour interpeller les autorités sur les barrières structurelles qui freinent le parcours des élèves issus de ce système. Malgré des résultats académiques probants, ces jeunes font face à une exclusion systématique des concours nationaux d'excellence, une situation jugée discriminatoire par les représentants du secteur.
Un plaidoyer pour l'égalité des chances
Lors de cette cérémonie dédiée à la valorisation du mérite, le secrétaire général du SNEFAG, Dr Ibrahima Mansaré, a dénoncé les préjugés qui cantonnent injustement les diplômés du franco-arabe à une sphère purement religieuse. Pourtant, le cursus partage le même socle de connaissances que l'enseignement général, formant des profils qualifiés dans des domaines techniques et financiers. Le syndicat demande désormais une révision des dispositions d'accès aux concours nationaux, notamment pour le Prytanée militaire, afin de garantir une compétition équitable entre tous les citoyens guinéens, conformément aux textes fondamentaux de la République.
L'accès aux filières d'élite en question
La revendication porte également sur l'intégration des lauréats dans les établissements d'enseignement supérieur de prestige. Aboubacar Sidiki Bangoura, porte-parole des bacheliers de cette filière, a souligné l'impossibilité actuelle pour ces élèves de concourir aux Classes Préparatoires aux Grandes Écoles (CPGE) de Dalaba ou d'intégrer des institutions internationales comme l'INP-HB de Côte d'Ivoire. Pour ces étudiants, l'enjeu est de pouvoir démontrer leur niveau académique et de contribuer, à terme, au développement économique et technologique du pays sur un pied d'égalité avec leurs pairs.
La maîtrise de l'arabe comme levier stratégique
Au-delà de la dimension éducative, le parrain de l'événement, Dr Mohamed Lamine Sy Savané, a rappelé que la maîtrise de la langue arabe constitue un atout géopolitique et économique majeur pour la Guinée. Dans un contexte de coopération internationale accrue, les cadres arabophones représentent un capital humain essentiel pour la diplomatie, le commerce et les échanges transfrontaliers. La reconnaissance pleine et entière de ce système éducatif apparaît ainsi, pour les acteurs du secteur, comme une nécessité pour optimiser les ressources intellectuelles du pays et renforcer son rayonnement à l'échelle régionale.